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La revue de presse du recrutement numérique

Prospective

Revue de presse du recrutement numérique. N°4

Toutes les deux semaines, faisons le point sur les innovations et ce qui se dit en matière de recrutement numérique.

Indeed va créer le think tank de la digitalisation du marché du travail

Indeed, second jobboard de France derrière Pôle Emploi selon Médiamétrie, a développé un algorithme assez futé : « les entreprises ne paient rien pour diffuser une offre d’emploi sur notre plateforme, explique son manager Arnaud Devigne au Journal du Net*. Nous facturons au clic sur l’annonce en nous basant sur un algorithme complexe qui prend en compte la rareté de l’offre. Heureusement, car sinon nous facturerions très cher les clients qui diffusent des annonces pour des postes très recherchés par les demandeurs d’emplois. Et nous ne gagnerions rien avec des profils très rares. » C’est ce savant dosage qui fait qu’Indeed va se spécialiser sur les cadres et sur des profils de plus en plus pointus. Son ambition est également, avec un pôle d’économistes basé en Irlande et qui analyse toutes les données d’Indeed, de « devenir le think tank de la digitalisation du marché du travail et de la e-RH. Nous souhaitons utiliser ces données pour analyser à l’échelle mondiale et nationale les grandes transformations qui sont à l’œuvre sur le marché du travail : digitalisation des recruteurs, recrutement sur mobile, rôle des réseaux sociaux, métiers en pénurie… »

Les DRH très en retard sur le recrutement numérique….

Jean Michel Caye, qui dirige le Boston Consulting Group, pense que les ressources humaines ont pris du retard en termes de recrutement numérique. Ce dernier prend, dans un entretien accordé à l’Usine Digitale,  l’exemple du secteur bancaire où « demain, tous les rôles et responsabilités changeront. Pourtant, cette question émerge tout juste chez les RH des banques. Actuellement, les DRH tendent à demander aux personnes du business ce qui va changer, or ils doivent rapidement prendre conscience que c’est à eux de conduire la transition pour assumer cette transformation massive. Les DRH doivent accepter d’assumer un rôle beaucoup plus stratégique, d’être davantage visionnaires ».

Jean Michel Caye estime surtout que certains responsables des ressources humaines « pensent avoir fait le job quand ils ont réussi à embaucher quelques spécialistes. Or, du côté de ces talents numériques, il y a peu de raisons de rester dans le monde de l’entreprise. Nombre d’entre eux ont bien compris que leur intérêt était de devenir freelance, d’être une relation contractuelle. Cela veut donc dire que, pour les entreprises, il va falloir savoir attirer et travailler dans la durée avec les meilleurs travailleurs indépendants. Ceux qui y parviennent ont bâti le meilleur écosystème »

… et pourtant le recrutement à l’ancienne c’est fini

L’offre d’emploi en ligne est le B.A.BA pour un DRH, son travail de recrutement ne fait que commencer s’il n’intègre pas, au minimum, que le digital permet une fiabilisation des prises de décision en s’appuyant sur des données vérifiées (traquer les faux diplômes, les expériences factices), permettant d’anticiper les besoins en recrutement grâce à l’analyse et à la détection de potentiels risques de départ et d’identifier les profils en interne pour les remplacer, le cas échéant, et en allant plus loin que les diplômes et les postes précédemment occupés ou que le savoir-faire, en basant le recrutement sur le savoir-être, la personnalité du candidat, ses valeurs, ses motivations et sa personnalité.

Cornerjob a levé 35 millions de dollars en un an

Cornerjob est la réussite de l’année en matière de recrutement numérique : 25 millions de dollars levés en juin et près de 35 depuis sa création l’année dernière (1). L’idée de Cornerjob est simple : une appli gratuite ou l’on met son profil, pas de cv ni de lettre de motivation, un clic et en moins de 24 heures une entreprise à proximité immédiate, ayant proposé un travail, répond. La discussion s’engage ensuite par chat.  La startup, fondée par David Rodriguez travaille pour l’instant avec des sociétés comme Leroy Merlin, Domino’s, Subway, McDonald’s, Novotel, ou encore Manpower et Geox. L’idée est ici la proximité et la rapidité. La startup franco espagnole basée à Paris, est désormais à Milan et Barcelone, et dit avoir plus de 40 000 nouvelles offres d’emploi chaque mois, quand son appli a déjà été téléchargée 650 000 fois. TF1 a soutenu la levée de fonds et organise le développement des publicités pour la startup sur ses antennes.

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