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Marché du travail

Services à la personne : rendre les métiers plus attractifs

Même si les salaires progressent, le secteur des services à la personne peine à recruter aujourd’hui. Explications.

Alors que les besoins sont énormes, avec le vieillissement de la population, le secteur des services à la personne (SAP) manque cruellement de bras. Une récente étude (*) du ministère du Travail (Dares) apporte un éclairage intéressant sur la réalité du secteur, et particulièrement l’évolution des conditions de travail et d’emploi.

Une population majoritairement féminine…

Plutôt âgés et peu diplômés, les salariés de ce secteur sont très majoritairement des femmes. En 2015, 87, 3% des employés dans les SAP étaient des femmes, contre 50% pour l’ensemble des salariés. Et la moyenne d’âge des salariés est passée de 41 à 46 ans entre 2004 et 2015. Les plus de 50 ans seront bientôt majoritaires dans le secteur (47% en 2015) alors qu’ils ne représentent que 29% de l’ensemble des salariés.

Les conditions de travail y sont souvent difficiles et les auteurs de l’étude constatent que les salariés des services à la personne sont « davantage touchés par des problèmes de santé ». Ainsi, en 2015, 6% des employés de ce secteur se déclaraient en mauvaise santé, soit le double en proportion que sur l’ensemble des salariés. Et ils étaient près de 29% à exprimer vivre un problème de santé durable, contre 20% chez l’ensemble des salariés.

Orienté favorablement depuis deux ans, le marché des services à la personne demeure néanmoins fragile.

… et peu qualifiée

En cause notamment, les horaires atypiques, une particularité du secteur. En effet, un quart des salariés des SAP en 2015 avaient des horaires variables et même un sur trois pour ceux employés chez des prestataires (1). La moyenne pour l’ensemble des secteurs est à 18%. « En huit ans, les horaires atypiques de salariés de SAP se sont développés », notent les auteurs de l’étude. Ainsi, la part des salariés d’organisme prestataire travaillant en soirée est passée de 3,5% en 2004 à 8% en 2012, celle du travail de nuit de 1,6% à 4,2%.

Près de 43% des salariés du secteur sont par ailleurs sans diplôme ou n’ont obtenu que le brevet des collèges. En 2017, à chaque trimestre, seuls 6% des salariés du secteur ont suivi une formation professionnelle alors que ce taux s’élevait à 14% pour l’ensemble des salariés. Selon la Dares, les salariés des particuliers employeurs sont moins qualifiés que ceux employés par les organismes : près de la moitié des premiers n’ont pas de diplôme contre un peu plus d’un tiers des seconds. Cependant, les auteurs notent qu’« en dix ans, la part des salariés de SAP non diplômés a diminué de 15 points ».

Des salaires en progression

Enfin, les salaires des employés de SAP ont augmenté de 11% entre 2010 et 2014 (contre + 6% pour l’ensemble de la population active). En 2014, les salariés du secteur ont perçu ainsi 8 200 euros nets en moyenne dans l’année.

Orienté favorablement depuis deux ans, le marché des services à la personne demeure néanmoins fragile. Un rapport des inspections des finances et des affaires sociales, remis en juin dernier au gouvernement, explorait les différentes pistes pour un remboursement immédiat du crédit d’impôt accordé aux particuliers achetant des services à la personne. Les professionnels, de leur côté, mettent en avant le potentiel de création d’emplois d’une telle mesure. Reste à trouver la main-d’œuvre.

(*) Les salariés des services à la personne : comment évoluent leurs conditions de travail et d’emploi ?, Dares Analyses n° 038, août 2018
(1) Il existe deux modes de recours aux services à la personne : le mode direct lorsque le particulier employeur (PE) rémunère directement le salarié intervenant à son domicile et le mode prestataire lorsqu’il fait appel à un organisme qui met à sa disposition ses propres salariés et lui facture le service.

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