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Marché du travail

Sport : une croissance forte, mais des emplois encore trop peu valorisés

La branche professionnelle du sport est en croissance forte et continue. Mais les emplois qui s’y créent sont disparates et reste peu valorisés. Le monde du sport va devoir repenser ses stratégies de recrutement.

55 000 emplois en 2000, 89 000 en 2017, le sport est l’une des branches professionnelles les plus créatrices d’emplois. Parmi eux, 7 000 sportifs professionnels. Néanmoins, la branche est totalement éclatée, avec ses 23 000 structures en 2017, et l’emploi carrément atomisé, les structures employant en moyenne 3,9 salariés, 60% étant des moniteurs ou des éducateurs sportifs. C’est ce que révèle le « rapport de la branche professionnelle du sport » réalisé par Quadrat Etudes et Pluricité pour la Commission paritaire du sport (1). Le secteur est évidemment nettement plus jeune qu’ailleurs, les moins de 30 ans représentant plus de 40% des salariés. Les perspectives sont, elles, plutôt bonnes, un peu plus de 2000 emplois devant être créés par an tout au long des prochaines années. Mieux : avec d’un côté le calendrier des grands événements sportifs, en particulier les Jeux Olympiques en 2024, et, de l’autre, le développement du sport professionnel (en particulier en catégorie féminine), la croissance peut être encore plus forte que prévue. En 2025, la branche représentera au moins 107 500 personnes, dont 25 000 indépendants. Les effectifs auront ainsi doublé en 25 ans.

Des emplois le plus souvent précaires

Tout va bien alors ? Non. La croissance économique a beau être forte, les emplois n’en sont pas pour autant particulièrement attirants. Il existe un gouffre sidéral entre le joueur de foot professionnel et un animateur associatif avec, pour ce dernier, le morcellement des temps de travail, la saisonnalité de la demande dans certaines disciplines, un faible niveau de rémunération, une prolifération des CDD (un tiers des salariés sont en CDD, soit 10% de plus que dans l’ensemble des activités tertiaires) ou des stages et des emplois aidés (12% des salariés). Dans cette branche, le temps partiel concerne près de 40% des gens, pour qui la multiactivité est une pratique courante : parmi les salariés à temps partiel, un quart ont un deuxième employeur et un autre quart déclare exercer une autre profession, en complément de sa profession principale.

« En 2025, la branche représentera au moins 107 500 personnes, dont 25 000 indépendants. »

Des recrutements encore insuffisamment professionnels

Situation paradoxale. La branche connaît une forte croissance liée aux nouvelles pratiques sportives et aux nouvelles attentes mais, selon l’auteure du rapport Soisick Retailleau, la branche va être confrontée à des enjeux spécifiques en matière d’emploi et de gestion des ressources humaines. Pourtant, elle n’y semble pas vraiment préparée. Elle l’est d’autant moins que, face à une demande de plus en variée, des exigences réglementaires de plus en plus fortes, et une appétence moindre pour l’engagement bénévole, elle sera contrainte de recruter du personnel salarié ou des personnels sous statut indépendant. Et les conditions d’emploi sont si peu attirantes que la branche ne va pas vraisemblablement pouvoir effectuer les bons recrutements. Tous les signaux sont au vert, sauf pour l’emploi. Il souffre indéniablement du manque de professionnalisme des associations qui ne sont pas préparées à intégrer de nouveaux profils, plus spécialisés que par le passé, ni à développer les compétences des salariés en poste avec, par exemple, des formations qualifiantes pour répondre à une demande plus diversifiée dans les loisirs, le développement personnel ou la santé.

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1 Rapport de la branche professionnelle du sport de Soisick Retailleau
http://www.cpnef-sport.com/Documents/Quadrat-Pluricite_Sport_R%20apport_de_branche_2018.pdf

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