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Marché du travail

Travail au bout de la nuit

En vingt ans, les effectifs de travailleurs nocturnes ont considérablement augmenté en Europe et notamment en France.

Crise ou pas, le travail de nuit augmente. Et cela s’observe dans toute l’Europe depuis les années 1990. « En termes d’évolution, la France se singularise par une nette augmentation de la proportion de salariés qui travaillent de nuit », alors que d’autres pays (Royaume-Uni, Belgique, Danemark, Italie) connaissent une baisse de régime, indique un rapport de la Dares (Direction animation, recherche, études et statistiques du ministère du Travail) en 2011.

Rédigé par Elisabeth Algava, l’étude remarque une augmentation sensible de ce type de travail chez les femmes dont l’accès au travail de nuit dans l’industrie est autorisé depuis 2001. Ils étaient ainsi en France, 3,5 millions de travailleurs nocturnes en 2009, soit 15,9 % de la population active. La proportion de salariés de nuit a plus que doublé en deux décennies. Et il s’agirait d’une population active plutôt stable, le travail occasionnel ne représentant que 8 % des salariés en 2009. Ce sont les hommes âgés de 30 à 34 ans qui représentent le gros des travailleurs de nuit (25 %) et on les retrouve aussi dans des tranches atypiques comme le travail du samedi et du dimanche, les femmes sont moins typées par une tranche d’âge précise.
Le salariat de nuit, lui, reste un temps largement masculin, avec 21,4%  d’hommes pour 9 % de femmes salariées, mais elles ont sensiblement étoffé leurs effectifs depuis 1991, passant de 500 000 personnes à 1 million aujourd’hui. Leur présence marque particulièrement le travail de nuit dans les industries agroalimentaires (15 % des effectifs) et automobiles (13 %). Mais ce sont les conducteurs de véhicules et les salariés de l’armée, de la police et des pompiers qui constituent les bataillons les plus importants  du travail de nuit. Viennent ensuite la famille professionnelle féminisée à 90% des infirmières et des sages-femmes. On travaille plus fréquemment de nuit dans le secteur public que dans le privé. Le supplément salarial de nuit est estimé par la Dares à 7,9 % (et de 1,9 % pour un job occasionnel). Néanmoins, souligne un rapport du CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) de 2010, la pénibilité physique du travail s’accroît de nuit.

Reste un thème mal connu des chercheurs : les conséquences à long terme sur la santé des salariés. Un rapport d’Eurofound (Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail) faisait ressortir en 2000, les risques de « dégradation du bien-être et de l’insertion sociale des travailleurs de nuit ».

www.lesinfluences.fr

« Le travail de nuit des salariés en 2009 », Dares Analyses (2011)

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