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International

Travailler à l’étranger, aventure et ouverture

De plus en plus de Français tentent l’expérience hors des frontières. Notamment les jeunes auxquels s’offrent de nombreuses formules de mobilité.

Publié le 21/10/2015 Mise à jour le 06/03/2018

Tiphaine, son brevet de coiffure en poche, est partie en Australie, où elle travaille dans un grand salon de Sydney. Maïlys, elle, a effectué son volontariat international en entreprise (VIE) à Mumbai, en faisant des études de marché pour des produits agroalimentaires français… Comme elles, près de trois millions et demi de Français vivaient à l’étranger fin 2013, estime l’INSEE dans sa récente étude sur l’analyse des flux migratoires entre 2006 et 2013.

Le nombre de partants augmente : sur la période, les départs ont augmenté de 5,2% par an en moyenne. En 2013, près de 197.000 personnes nées en France ont quitté le territoire. Double effet de la mondialisation de l’économie, qui pousse les entreprises à rechercher des débouchés à l’extérieur et les travailleurs à y chercher un emploi.

Pour aller plus loin sur Pole-emploi.fr : http://www.pole-emploi.fr/actualites/trouver-un-emploi-a-l-international-@/article.jspz?id=60866

Mobilité des jeunes

On ne s’en étonnera pas, 80% des départs à l’étranger s’effectuent entre 18 et 29 ans. Soit l’âge des études ou du début de la vie active. Il existe pour les jeunes toutes sortes de formules de stages ou d’études (Erasmus, Leonardo, Lavoisier,…) proposées pour tous les niveaux d’étude. Ils peuvent notamment bénéficier du volontariat international en entreprise : plus de 8 000 étaient ainsi en poste au 31 janvier 2014.

Au-delà, le départ peut se présenter sous deux formes : soit on est envoyé à l’étranger par la société dans laquelle on travaille, soit on part tenter sa chance. La première formule est évidemment la voie royale : en général, l’employeur prend en charge une partie des frais occasionnés par le départ – déménagement, location d’un appartement, études des enfants… –  ce qui rend la mission attractive. La seconde solution implique que l’on est payé selon un contrat local.

Attention au statut social

Dans tous les cas, le départ implique de remplir toute une série de formalités répertoriées sur Pôle Emploi International. Par exemple, il faut partir avec un « quitus » de l’administration fiscale, attestant que les impôts sur le revenu de l’année en cours ont bien été payés. Les demandeurs d’emploi peuvent aussi demander à continuer de percevoir leur allocation de recherche d’emploi s’ils recherchent un emploi en Europe (Suisse comprise).

Le candidat au départ a tout intérêt à se pencher en détail sur son statut social. Il peut soit être détaché à l’étranger par sa société, et dans ce cas il continuera de cotiser en France, soit être employé par une société étrangère – ce qui englobe les filiales à l’étranger de sociétés françaises  – et dans ce cas il cotisera aux régimes sociaux du pays de résidence et bénéficiera des mêmes prestations. Ceux qui souhaitent maintenir leurs droits en France devront cotiser à la Caisse des français de l’étranger (CFE), qui couvre la maladie, l’invalidité et la vieillesse.

En Europe, les pays reconnaissent les périodes travaillées hors de leurs frontières aussi bien pour les retraites que pour le chômage. Hors de l’Union européenne, tout dépend des conventions passées avec la France. S’il n’en existe pas, mieux vaut opter pour la CFE. A moins de décider de ne pas revenir en France. Mais qui peut prévoir comment va évoluer sa carrière ?

La marque France, un atout

Une fois à destination, tout commence ! Il faudra encore penser à s’immatriculer au consulat – ce n’est pas obligatoire, mais cela permet de voter et d’obtenir des papiers d’identité  – , se déclarer au fisc et ouvrir un compte bancaire. Sans oublier le reste: la langue, les habitudes, l’acclimatation de toute la famille et le nouveau travail.

Rien de tout cela n’est insurmontable si l’on a pris quelques précautions. Le plus souvent, les expatriés sont ravis de leur situation et souhaitent renouveler l’expérience. La découverte d’autres cultures et d’autres méthodes de travail leur donne une large ouverture au monde.

Les postes à l’étranger ne sont pas réservés aux seuls diplômés des grandes écoles. Du reste, les professions qui évoquent l’image de marque « France », comme le luxe ou la gastronomie, sont souvent recherchées. Stylistes, restaurateurs, pâtissiers, esthéticiennes, mais aussi verriers, …, ont toutes leurs chances.

Le plus difficile est souvent de revenir. Y compris lorsqu’on a été détaché par son entreprise. Car au siège, on n’attend pas les absents. Aussi mieux vaut-il anticiper et préparer son retour.

Marie-Laure Cittanova

 

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