Chômage des jeunes, le risque d'une « génération perdue » selon le BIT

Un rapport du Bureau international du travail relève que le chômage des jeunes dans le monde a atteint un niveau record en 2009. Chômage dans les pays développés, emploi vulnérables dans les économies émergentes... l'impact de la crise touche surtout les jeunes, et s'apparente à un « gâchis économique ».

Dans le monde, 81 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans étaient sans emploi fin 2009. Soit 13 % des 620 millions de jeunes économiquement actifs. C'est le plus haut chiffre jamais atteint, constate un rapport du Bureau international du travail (BIT) publié à l'occasion de l'ouverture, le 12 août, de l'Année internationale de la jeunesse. Sur un an, le taux de chômage des jeunes a augmenté d'1,1 %, ce qui constitue la plus forte hausse annuelle au cours des vingt dernières années. Le BIT prévoit une nouvelle augmentation en 2010, avant une légère décrue.
Le rapport met en garde contre « le risque d'une "génération perdue", constituée de jeunes gens qui sont totalement détachés du marché du travail et ont perdu tout espoir de pouvoir travailler pour gagner décemment leur vie ».
 
Chômage et pauvreté
Selon le BIT, l'impact de la crise sur les jeunes se fait sentir différemment selon le développement économique des pays.
Dans les pays développés et dans certaines économies émergentes, cet impact « se ressent principalement en termes de chômage et des troubles sociaux qui peuvent accompagner le chômage et l'inactivité prolongée ».Le taux de chômage des jeunes a augmenté de 4,6 points (à 17,7 %) dans les économies développées et l'Union européenne, une hausse record.
Dans les économies en développement, où vivent près de 90 % des jeunes, ceux-ci sont davantage confrontés au sous-emploi et  à la pauvreté. Dans ces pays, la crise fait gonfler les effectifs de l'emploi vulnérable et du secteur informel. Le Directeur général du BIT Juan Somavia, craint une « augmentation du nombre de jeunes travailleurs bloqués dans la pauvreté, prolongeant le cycle de la pauvreté au travail d'une génération au moins. »
Bien que travaillant, 152 millions de jeunes, soit 28 % de tous les jeunes travailleurs dans le monde, vivaient encore en 2008 dans l'extrême pauvreté, c’est  à dire dans des foyers gagnant moins de 1,25 $ par personne et par jour.
 
« Réévaluer les stratégies »
Le rapport souligne que le taux de chômage chez les jeunes se révèle plus sensible à la crise que celui des adultes et que, pour eux, la reprise du marché de l'emploi devrait être en retrait par rapport à celui des adultes. Insistant sur « les liens établis entre le chômage des jeunes et l'exclusion sociale », le BIT met en garde contre le « gâchis économique » que représente ce sous-emploi des jeunes.
Selon Juan Somavia, « la crise peut être une occasion de réévaluer les stratégies pour traiter des problèmes auxquels les jeunes sont confrontés en entrant sur le marché du travail. Ces stratégies globales et intégrées doivent combiner des politiques d'éducation et de formation avec des politiques de l'emploi ciblant spécialement pour les jeunes. »
 
Arnaud Bihel - Lesinfluences.fr

Source : Organisation internationale du travail,http://www.ilo.org/empelm/what/pubs/lang--en/docName--WCMS_143349/index.htm (rapport en anglais)

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