Emploi et formation sont peu liés en Île-de-France

Selon l’INSEE, un travailleur sur deux en Île-de-France a un emploi ayant un lien faible ou très faible avec sa formation. Comme si l’Île-de-France privilégiait la disponibilité à la qualification.

Quel est le lien entre la formation et l’emploi ? À cette question la réponse devrait être évidente. Pourtant l’INSEE, en étudiant le lien existant entre les deux notions dans la région Île-de-France, s’est aperçu qu’il n’était pas le même selon le métier exercé, et que, pour la moitié des emplois, ce lien était plutôt faible voire très faible chez les jeunes peu ou pas qualifiés. L’INSEE a en fait isolé 5 catégories professionnelles pour lesquelles le lien est différent. Pour 7% seulement des travailleurs franciliens, il existe un lien très fort entre les deux et pour 14% un lien fort. Dans le premier cas, ce sont des professions réglementées comme celles de la santé ou du droit, mais aussi des métiers de l’artisanat (coiffeurs, bouchers, charcutiers, boulangers). Dans le deuxième cas, on trouve des professions où la formation est importante comme les ingénieurs en informatique ou les enseignants et une bonne partie des ouvriers qualifiés comme ceux du bâtiment.

Il existe ensuite une troisième catégorie où le lien est en fait assez flou : ils sont 28 % en Île-de-France et cela va des cadres de la banque et des assurances aux techniciens de l’informatique ou cadres techniques de l’industrie, des professionnels de la communication et de l’information aux personnels d’études et de recherche. Ces trois catégories représentent la moitié de l’emploi francilien.

Un lien formation-emploi faible pour plus de la moitié des professions

Les deux autres familles professionnelles où le lien emploi-formation est faible, voire très faible, représentent l’autre moitié. Et là, on trouve un peu de tout : aussi bien des métiers très représentés en Île-de-France comme les cadres administratifs, comptables et financiers et les cadres commerciaux et technicocommerciaux que des métiers du tertiaire qui permettent à des personnes peu qualifiées de s’insérer sur le marché du travail (caissiers, employés de libre-service, vendeurs, employés administratifs d’entreprises). On trouve également parmi les professions où le lien avec la formation est faible celles pour lesquelles certaines compétences particulières sont primordiales, telles que l’aspect relationnel ou la communication, comme dans les métiers de l’action culturelle et sportive, ceux de la surveillance ou des assistant(e)s maternel(le)s. D’ailleurs dans beaucoup de métiers exigeant un faible niveau de qualification, « les employeurs franciliens recourent davantage aux actifs sans diplôme qu’ailleurs, écrivent les auteurs. Le cas le plus emblématique est celui du métier d’ouvrier non qualifié du gros œuvre du bâtiment, pour lequel la moitié des jeunes actifs n’ont pas de diplôme, soit onze points de plus qu’au niveau national. »

Les spécificités de l’Île-de-France

De manière générale, l’Île-de-France est un cas assez singulier puisque, même dans les familles professionnelles où il existe une correspondance entre le métier et la spécialité de formation, celle-ci est moins marquée en Île-de-France qu’au niveau national. C’est notamment le cas pour les métiers de cuisinier et d’ouvrier qualifié du second œuvre du bâtiment.
Certains métiers du commerce et de l’hôtellerie/restauration constituent même une voie d’insertion importante pour les non-diplômés : les métiers de vendeurs et serveurs, les plus répandus, sont ceux qui leur offrent le plus d’emplois et, dans le même temps, ces métiers connaissent une montée en qualification avec un niveau de diplôme assez élevé mais un lien plutôt faible avec la spécialité de formation. En Île-de-France, plus qu’ailleurs, on observe sur ces métiers une coexistence à la fois d’une main-d’œuvre diplômée et non diplômée.
Les métiers qui recrutent le plus de non diplômés en Île-de-France sont ceux de vendeurs, d’agents d'entretien, d’employés et agents de maîtrise de l'hôtellerie et de la restauration ou de cuisiniers. Pour cette dernière catégorie, on note que seuls 29% de ceux qui l’exercent ont un CAP ou un BEP. En Île-de-France, la préférence des entreprises semble se tourner vers le « savoir être » et la « disponibilité » plus que sur la formation.

AC

1 « Y a-t-il un lien entre formations et métiers exercés ? »  Thérèse Ferré, Laure Omont, Morad Ben Mezian et Sophie Gonnard. INSEE Île-de-France.  https://www.defi-metiers.fr/sites/default/files/docs/publications/if_ina...

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