La grande pénurie de talents dans les métiers manuels

Les métiers manuels, dans le monde comme en France, sont ceux où les chefs d’entreprise ont le plus de mal à recruter. En revanche, selon Manpower, en France, les chefs d’entreprise développent moins la formation interne pour pallier leurs difficultés.

« Dans le monde, les employeurs sont confrontés à la plus importante pénurie de talents observée depuis la récession ». C’est Manpower Group qui l’affirme dans sa dernière enquête 2016/2017 sur la pénurie de talents dans le monde. La 11ème successive réalisée dans 43 pays.

Un manque de candidats disponibles sur le marché

Cette année, 40 % des chefs d’entreprise dans le monde disent avoir des difficultés à recruter, le niveau le plus élevé depuis 2007. En France la situation est un peu meilleure, seuls 23% des employeurs disent avoir des difficultés de recrutement alors que l’année précédente ils étaient 29%... et 40% en 2007. En revanche, partout, les profils les plus difficiles à recruter sont ceux des métiers manuels : électriciens, soudeurs, charpentiers, maçons, plombiers et d’autres qualifications pourtant très traditionnelles. En France, les employeurs interrogés expliquent ces difficultés par le manque de candidats disponibles sur le marché et ensuite par le manque de qualifications techniques des candidats qu’ils rencontrent. La transformation digitale et les évolutions technologiques permanentes accentuent la demande de métiers de l’informatique dans certains cas ou dans certaines villes (c’est par exemple le problème n°1 à Bruxelles) mais les besoins sont vraiment dans le manuel dans l’ensemble.

Un accent mis sur la formation interne

Ensuite, parmi les professions où l’on connaît les plus grandes difficultés de recrutement viennent les commerciaux, puis les chauffeurs (aussi bien de camion que des livreurs) et c’est une nouveauté, juste après les professions de santé et, en 9ème position, les enseignants. Au vu des résultats du monde, cela semble même être une particularité française. La conséquence est que les chefs d’entreprise s’adaptent en développant des stratégies en interne et privilégient d’abord la formation et le développement de leurs propres salariés. 35% des chefs d’entreprise privilégient la formation interne pour résoudre leurs problèmes de recrutement. La pénurie semblerait donc profiter davantage aux salariés déjà en poste qu’à ceux qui, à l’extérieur, cherchent. Mais la France est encore loin de la moyenne puisque 53% des chefs d’entreprise dans le monde disent développer la formation interne en réponse aux difficultés de recrutement. Le nombre d’employeurs qui forment et développent les compétences de leurs salariés lorsqu’ils ne parviennent pas à recruter à l’extérieur a doublé entre 2015 et 2016. Il faut dire que dans certains pays les difficultés semblent colossales puisque 86% des employeurs au Japon, 73% à Taiwan, 69% à Hong Kong et 68% en Turquie n’arriveraient pas à trouver les talents dont ils ont besoin.

AC