La restauration, nouvel eldorado pour l’emploi

En France comme aux États-Unis, les emplois de la restauration progressent plus vite que ceux de tous les autres secteurs de l’économie.  Des emplois non délocalisables en prime !

Avec un peu plus d’un million de personnes salariées en France, soit 5,6% de l’emploi salarié marchand non agricole, et surtout une progression sensible de 25% du nombre des emplois sur la période 2005-2017, l’hôtellerie-restauration en France a plutôt bien tiré son épingle du jeu ces dernières années, selon une enquête dévoilée par Pôle emploi en décembre dernier. Une performance remarquable dans un contexte général de faible croissance de l’emploi, notamment depuis la crise de 2008. La restauration regroupe, à elle seule, les trois quarts de l’emploi salarié du secteur (77,7%).

Aux États-Unis, les emplois dans la restauration croissent eux aussi plus vite que ceux de la santé, de la construction ou des industries manufacturières. Dans une économie qui est statistiquement arrivée au plein-emploi, près de 200 000 emplois ont ainsi été créés au cours du premier semestre 2017 dans ce secteur. C’est d’autant plus spectaculaire que, depuis le mois d’août 2010, soit depuis plus de 200 mois consécutifs, les emplois de la restauration croissent plus vite que n’importe quelle autre catégorie d’emploi aux États-Unis. Derek Thompson, un éditorialiste qui suit ces questions pour le site City Lab, et l’économiste Michael Spence montrent comment l’emploi dans la restauration, qui était trois fois moins important que l’emploi industriel en 1990, est devenu dominant : il y a plus de gens qui serviront, en 2020, dans les diverses formes de restauration, qu’il y avait de travailleurs dans l’industrie américaine en 1990.

Un vivier pour les jeunes

Dans son ensemble, l’hôtellerie-restauration constitue un véritable vivier d’emplois pour les jeunes, puisque 39,7% des salariés en France y ont moins de 30 ans. Une proportion quasiment doublée par rapport à la moyenne tous secteurs confondus (20,6%). L’âge moyen des salariés y est ainsi de 35,7 ans, contre 41,1 ans tous secteurs confondus.

Seul petit bémol, l'ancienneté dans l'entreprise est assez faible dans la quasi-totalité des métiers de l'hôtellerie-restauration, en raison de la forte saisonnalité des emplois et du turnover. Les employeurs rencontrent donc des difficultés de recrutement supérieures à celles de la moyenne des métiers. Ainsi, les métiers de serveurs de cafés et de restaurants et d'aides de cuisine et employés polyvalents de la restauration recrutent davantage de personnes auparavant au chômage, et ayant des spécialités de formation très variées. Les recrutements de serveurs se concentrent sur les jeunes actifs tandis que ceux des aides de cuisine et des employés polyvalents de la restauration comprennent davantage de non-diplômés.

Une tendance de  long terme ?

Aux États-Unis, l’explication donnée à cette forte poussée de la restauration tient aux nouvelles habitudes des Américains : les sommes dépensées par ces derniers pour se nourrir chez eux étaient près de deux fois et demi supérieures à celles dépensées à l’extérieur, elles sont aujourd’hui supérieures à l’extérieur que chez soi !

En France, les métiers de la restauration devraient continuer à progresser au cours des prochaines années, conclut l’étude de Pôle emploi, portés par des modes de consommation privilégiant les services et les loisirs. Cela représenterait 137 000 emplois supplémentaires prévus sur la période 2012-2022, soit une hausse annuelle moyenne de 1,3%, selon les travaux de prospective.
En revanche, les  États-Unis sont en train de réaliser qu’ils ont trop de restaurants et que d’énormes chaînes de restauration familiale compriment tous leurs coûts pour rester compétitifs. De manière totalement paradoxale, le secteur qui crée le plus d’emplois serait également menacé de récession, une sorte de bulle du fast-food serait ainsi en train de se profiler.

Restons Connectés

Qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous ?