Le CIDJ a trouvé de multiples emplois pour les jeunes peu ou pas qualifiés

De nombreux secteurs comme le service à la personne, l’environnement ou la sécurité embauchent sans diplôme. Et d’autres, tels le BTP, l’hôtellerie-restauration, l’assurance ou l’agroalimentaire ne demande qu’à former leurs futurs salariés. 

Les entreprises recrutent. Et pas uniquement les bac+5. En s’appuyant sur les études de Pôle emploi, de l’Apec, sur les travaux prospectifs de la Dares et sur leur veille tout au long de l’année des différentes branches professionnelles, le CIDJ (Centre d’Information et de Documentation Jeunesse) vient de publier un guide* extrêmement précis pour aider les personnes en recherche d’emploi. Il fait l’inventaire et l’analyse des 280 métiers et des 250 entreprises qui embauchent et, pour la première fois, il propose un index des niveaux de recrutement par secteur.

 

Secteurs qui recrutent sans qualification et sans diplôme

Il n’est pas forcément nécessaire de posséder un diplôme pour trouver un emploi. Plusieurs secteurs sont prêts à accueillir des jeunes peu ou pas qualifiés quitte à les former. Comme celui de la propreté, majoritairement féminin et que les moins de 26 ans ont tendance à bouder. Chaque année 20 000 postes sont à pouvoir et 387 000 à l’horizon 2022. Si 60% des salariés n’ont pas de diplômes, le secteur se professionnalise et l’offre de formation a doublé en 10 ans.

Même profil pour les salariés des services à la personne et même tendance à la professionnalisation. Forte de 1,4 million d’employés, le SAP recrutera près de 580 000 personnes dans les sept ans à venir. Une grosse majorité d’aides à domicile (famille professionnelle la plus créatrice d’emplois en France), des assistantes maternelles et, dans une moindre mesure, des employés de maison. 02, leader du secteur, cherche 4 500 CDI (assistant ménager, garde d’enfants, assistant de vie, jardinier…), Domidom a prévu 1 000 recrutements, comme Shiva. Plusieurs organisations se sont par ailleurs engagées à embaucher des jeunes en difficulté d’insertion professionnelle, au travers de conventions avec l’Etat. Idem dans l’économie sociale et solidaire où 114 000 embauches potentielles de jeunes peu ou pas qualifiés sont attendues par an.

En augmentation moyenne annuelle de près de 4% depuis dix ans, les métiers de l’environnement recrutent à tous les niveaux de qualification. La protection de l’environnement réunit plus de la moitié des emplois, suivie par la gestion des ressources et les activités transversales (recherche et développement, ingénierie…). Mais il y aura dans ce secteur davantage de transformations d’emplois existants que de création nette d’emplois.

Suite à la suppression du service militaire, à la réduction des dépenses de la fonction publique et au rapprochement entre la gendarmerie et la police nationale, les effectifs de la sécurité publique ont diminué de moitié en 25 ans. Mais l’armée reste l’un des plus gros recruteurs de la fonction publique avec 15 000 embauches par an qui séduisent les jeunes. 30% des effectifs a moins de 30 ans et les 2/3 moins de 40 ans. D’ici 2022, 73 000 postes d’agents de gardiennage et de sécurité seront à pourvoir.

Surreprésentés dans l’hôtellerie et la restauration, les jeunes sans aucune formation initiale spécifique, sont toujours très demandés malgré une chute d’effectifs ces dernières années. Diverses entreprises recrutent des alternants et des stagiaires comme le Club Med, Disneyland Paris ou les groupes Accor, Elior, Flo et Sodexo. Les métiers de la cuisine et de la pâtisserie restent les plus recherchés, comme celui de plongeur.

 

Secteurs qui recrutent des jeunes en alternance

Excellent outil pour faire son entrée sur le marché du travail, l’apprentissage a le vent en poupe. La plupart des secteurs accueillent des jeunes en contrat de professionnalisation et d’apprentissage.

Premier employeur industriel de France avec 20% de l’emploi industriel total, l’industrie mécanique, comme l’industrie aéronautique ou automobile compte plus de 35 000 apprentis. Et un sur deux en  moyenne travaille six mois après la sortie de formation.

L’agroalimentaire et l’alimentation projettent de recruter chacun 150 000 jeunes d’ici 2017. Selon l’étude de l’Observia, le nombre de contrats les plus importants sont dans les secteurs de l’industrie laitière et de la boulangerie-pâtisserie industrielle et présents essentiellement dans les métiers de la production (opérateur de machine, chef d’équipe commerciale…). Dans la filière alimentaire, 86,5% des jeunes formés passent par l’apprentissage et le taux d’emploi des apprentis sortant de CFA (Centre de Formation des Apprentis) est de près de 80% pour les titulaires d’un bac pro ou d’un BTS contre 27,5% pour les sans diplômes.

Le BTP qui accord une grande place à l’apprentissage et au compagnonnage, compte 90 000 apprentis dont 81% dans l’artisanat du bâtiment. Bouygues Construction et Colas recrutent tous deux alternants et stagiaires.  Comme Vinci et Eiffage qui proposent des stages entre 3 et 6 mois.

Dans l’assurance, bien que la tendance soit à l’augmentation des niveaux de diplôme, l’alternance est le mode majeur d’accès à l’emploi avec plus d’une embauche sur 5. Plus de 20% des embauches sont des alternants, 13% des contrats de professionnalisation et 8% des contrats d’apprentissage. Toutes les grandes entreprises du secteur recrutent des alternants : Axa (800), Groupama (600), Generali, Allianz, Maif, Maaf… Idem dans la banque où 10 000 alternants sont accueillis soit via le réseau CFA Banques ou CFA Difcam. Le Crédit Agricole recrute 3 500 contrats en alternance, le groupe BPCE 2000, BNP Paribas 1 750 et entre 500 et 1 000 pour LCL, la Banque postale, Société générale, Crédit du Nord….

Dans l’industrie chimique, dont l’objectif est de recruter 5 000 alternants en 2017, près de 80% des formations débouchent sur un diplôme bac+2. Dans les transports, qui a retrouvé son niveau d’avant 2008 et où 95% des salariés sont en CDI, l’ensemble des formations, du CAP au master, se prépare en alternance. 23 000 jeunes ont suivi une formation transport-logistique-tourisme au sein des écoles et CFA de l’AFT-Iftim. Le contingent d’apprentis est stable dans l’hôtellerie-restauration (37 000 en 2012-2013), en augmentation dans le commerce et la vente et en expérimentation dans le service à la personne.

 

Cécile Antoine

* « Guide des secteurs qui recrutent 2014-2015 », CIDJ, 39 E