Le diagnostic territorial au service des demandeurs d’emploi

L’analyse des données par bassin est une priorité de Pôle emploi selon son directeur général, Jean Bassères, qui en a débattu à l’Institut Montaigne avec Bertrand Martinot de la région Île-de-France et Sandra Enlart, directrice générale d’Entreprise & Personnel.

« L’une de nos priorités est d’utiliser au mieux le diagnostic en matière d’emplois et de compétences sur les territoires. Nous avons énormément de données sur les bassins, les emplois et les compétences. Nous améliorons tous les jours nos diagnostics et privilégions les demandeurs d’emploi non qualifiés. C’est une orientation stratégique majeure pour nous : faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin », a souligné Jean Bassères lors du colloque de l’Institut Montaigne sur les parcours professionnels.

Évaluer les besoins du terrain

Le directeur général de Pôle emploi a, en partie, partagé les vues de Sandra Enlart, directrice générale d’Entreprise & Personnel. Cette dernière était longuement intervenue avant lui sur la question des bassins d’emplois. Pour elle, l’intermédiation y est essentielle, mais les conseillers en orientation professionnelle disposent souvent de données trop complexes. C’est pourtant en évaluant bien les besoins du terrain que l’on arrive à mettre en place de véritables parcours apprenants : « La qualité du parcours apprenant est une question occultée en France où l’on est trop souvent focalisé sur le retour à l’emploi, sans passer systématiquement par le développement des compétences nécessaires pour une insertion durable ».

Mettre les données en accès libre pour un meilleur diagnostic

Sur cette question de l’analyse des bassins d’emplois, Pôle emploi et le Conseil régional d’Île-de-France viennent de mettre en place des outils basés sur l’utilisation du Big Data. Bertrand Martinot, spécialiste des questions d’emploi pour l’Institut Montaigne et concepteur pour le Conseil régional de ces nouveaux instruments, espère que l’analyse des données va enfin permettre de faire évoluer les diplômes et les enseignements, des lycées à la formation professionnelle. Côté Pôle emploi, c’est une confirmation supplémentaire de l’ouverture des données. « Notre rôle, a expliqué Jean Bassères, est de mettre le maximum de données en accès libre pour que l’on puisse créer du service, que celui-ci soit fait ou non par Pôle emploi ». Le directeur général de Pôle emploi a ajouté : « je suis convaincu qu’en partageant nos données avec les start-up et en incubant des projets innovants, nous contribuons aussi à préparer la fluidification du marché du travail. Mais il ne faut pas opposer le numérique et le conseiller. Nous le disons souvent mais ce n’est pas un slogan : le numérique permet d’aller plus vite et le conseiller plus loin. Et je ne pense pas que des décisions qui engagent durablement la personne puissent toujours se prendre sur la base d’un algorithme ou d’une information. Sinon le nombre de médecins fumeurs devrait être nul ! L’accompagnement est un métier qui demande de l’investissement, de l’innovation interne et de la co-innovation externe, et qui nécessite des partenariats et des outils collaboratifs dont nous sommes dotés ».

Donner davantage d’accès à la formation

Si les données permettent ces diagnostics pertinents, il s’agit de laisser le maximum de marges de manœuvre aux acteurs. En clair, le critère essentiel pour un conseiller de Pôle emploi est, selon Jean Bassères, celui du résultat. Principalement le taux de retour à l’emploi et la satisfaction de ceux qui recourent aux services de Pôle emploi. Cela passe par une accélération de l’accès à la formation, ce qui nécessitera pour Jean Bassères des plateformes aidant chacun à formaliser son parcours avant de s’adresser à des organismes. Il s’agit également d’améliorer la formation liant distance et présentiel, domaine sur lequel la France est, selon le directeur général, « en retard ».