Le numérique facilite la recherche d'emploi, mais les relations permettent de trouver

Le numérique est un immense facilitateur dans la recherche d'emploi, un moyen de gagner du temps et de l'argent, mais il n'est pas encore le meilleur moyen de trouver ou retrouver un emploi, contrairement aux relations personnelles. Analyse d'un sondage CSA pour le Conseil d'Orientation de l'Emploi sur le recrutement à l'heure du numérique.

« Sans internet, on n'a aucune chance de trouver du travail». Qu'ils soient chômeurs ou salariés, 6 français sur 10 sont de cet avis. Mais dans le même temps, la  même proportion (6 sur 10) a trouvé ou retrouvé du travail par d'autres moyens que les outils numériques. C'est l'enseignement essentiel du sondage sur la recherche d'emploi à l'heure numérique réalisé par CSA pour le Conseil d'Orientation de l'Emploi. Paradoxalement, si la recherche d'emploi s'appuie d'abord sur les outils numériques (6 français sur 10 également), Pôle emploi reste toutefois un point de contact privilégié pour les demandeurs d’emploi : au niveau national ce sont 61% des demandeurs d'emploi et 50% des salariés qui en font leur contact privilégié. Toutefois les relations personnelles et le réseau demeurent les premiers canaux : 27% des salariés ont trouvé leur emploi grâce à leurs relations personnelles et professionnelles.

Une utilisation du numérique très différente selon les publics

C'est donc un paysage extrêmement contrasté que dévoile le sondage CSA COE. D'abord parce que personne n'utilise internet de la même manière, les pratiques évoluant selon l'âge ou la profession. Qu'ils soient chômeurs ou non, ce sont d'abord les moins de 30 ans qui utilisent les méthodes numériques dans la recherche d'emploi, même si les écarts ne sont pas spectaculaires : 30 % des jeunes salariés contre 24% des salariés au global utilisent le numérique, et parmi eux 44% se servent des réseaux sociaux professionnels contre 39% de la population. Sur chaque item (CSA a recensé 13 pratiques numériques différentes) l'écart est compris entre 4 et 6 points.  La différenciation est en revanche plus forte en fonction de la catégorie socio professionnelle : 73% des chômeurs CSP+ contre 47% de l’ensemble des chômeurs utilisent les réseaux et internet. Parmi eux on recense 90% de cadres et professions libérales, soit le double de la moyenne de la population étudiée. Et, même si les écarts sont moins forts, les cadres utilisent beaucoup plus le conseil en ligne ou les Moocs.

Les  cadres et les professions intermédiaires semblent plus souvent retrouver un travail par les moyens numériques que les autres (10% contre 5% en moyenne), mais pour eux comme pour les autres les relations personnelles se sont avérées le meilleur moyen de (re)trouver un travail. C'est particulièrement vrai pour les plus de 50 ans (39% ont retrouvé un travail par les relations personnelles) ou les salariés des petites entreprises (35% pour les entreprises de moins de 10 salariés).

Internet est d'abord un gain de temps et d'argent

En fait, le sondage CSA COE montre surtout que le numérique est pour l'instant vécu comme un « passage obligé ». La première raison est que les Français estiment très majoritairement que «les recruteurs sont beaucoup plus réceptifs aux candidatures en ligne qu’aux candidatures papier». La deuxième est que l’on trouve plus facilement sur internet des offres d'emploi qui conviennent (48% des salariés et 44% des chômeurs) ; et la troisième est que ce meilleur ciblage permet de faire baisser les coûts de la recherche et de trouver plus rapidement. Internet est donc un facilitateur, un moyen de gagner du temps et de l'argent dans sa recherche. Ce qui explique par conséquent que ce facilitateur permet de mieux gérer sa carrière (8 sur 10 le pensent qu'ils soient salariés ou chômeurs), même si pour 9 sur 10, la concurrence sur les postes s'est accrue avec internet.

L'attente vis-à-vis de l'offre numérique se précise néanmoins et les Français deviennent relativement exigeants. Ils demandent essentiellement une plus grande lisibilité. C'est le principal grief vis-à-vis d'outils jugés d'une part trop nombreux et d’autre part insuffisamment remis à jour. A cela s'ajoutent pour beaucoup un manque de clarté dans les sources d'informations des sites ainsi qu’un manque de personnalisation en fonction de leurs attentes.