L’emploi à domicile repart

Les dernières statistiques de l'Acoss, encourageantes pour l’emploi à domicile, montre un regain d’intérêt des particuliers employeurs porté par des mesures fiscales incitatives.

Après trois trimestres consécutifs de baisse, l'emploi à domicile (garde d’enfants, personnes âgées, ménage…) a repris du poil de la bête au 1er trimestre 2017 selon l’Acoss, l’établissement public chargé de gérer la trésorerie des différentes branches de la Sécurité sociale. Les principaux indicateurs sont à la hausse : la masse salariale nette des employeurs à domicile rebondit (+2,2 %) et le volume horaire déclaré augmente de manière significative (+1,5 %), une « première depuis cinq ans ».

Globalement, le nombre d'employeurs est stable mais le volume horaire déclaré en moyenne augmente, indique l'Acoss. Le nombre total de particuliers employeurs s'élevait à 2,78 millions à la fin du trimestre (1,9 million d'employeurs à domicile et 868 000 employeurs d'assistantes maternelles).

Réduction du travail « au noir »

Selon l'organisme, « ce rebond semble concerner en premier lieu les employeurs les plus âgés et pourrait être lié à la généralisation du crédit d'impôt ». La loi de finances pour 2017 a de fait ouvert le crédit d’impôt  (50 % des dépenses engagées) aux retraités, jusque-là seulement éligibles à une réduction.
Le dispositif aurait donc atteint son objectif de réduire le travail « au noir », véritable plaie du secteur. « Lorsque la politique est stable, incitative et claire, les employeurs à domicile renouent avec la confiance et l’emploi déclaré : l’allègement de charges de 2 euros par heure déclarée, en vigueur depuis le 1er décembre 2015, est désormais installé et identifié par nos concitoyens », estime la Fédération du particulier employeur (FEPEM). Pour sa présidente, Marie-Béatrice Levaux, le secteur de l’emploi à domicile « est une pépite pour l’économie française. Il mérite d’être inscrit au cœur des enjeux et de l’agenda politique français, pour atteindre le seul objectif qui compte : l’emploi à domicile pour tous ! ».

Un secteur sensible aux incitations fiscales

Lors de la campagne présidentielle, la FEPEM avait invité les candidats à signer son « contrat d’innovation ». Il comportait, selon elle, des propositions à même de doubler le nombre d’emplois en 10 ans et dans lequel l’aide aux personnes âgées figurait au rang de priorité. « Les naissances sont moins nombreuses, en revanche le domicile est en train de devenir un acteur des politiques publiques en raison du vieillissement, du développement des soins ambulatoires, de l'hospitalisation à domicile ou du développement de l'e-santé », déclarait ainsi Marie-Béatrice Levaux aux Echos. Selon elle, « Le secteur compte aujourd'hui 570 000 emplois équivalent temps plein, soit autant qu'Orange, la SNCF, la RATP et La Poste réunis. En dix ans, le secteur peut doubler de taille pour atteindre le million d'emplois ».
Pour la FEPEM, il faut maintenir un allègement de charges adapté (en faisant passer de deux à trois euros la déduction forfaitaire par heure travaillée) et mensualiser le crédit d’impôt (soit 50 % des sommes engagées dans la limite de 7 500 euros, aujourd'hui perçu avec un an de décalage), désormais ouvert à tous, pour répondre aux difficultés d’avance de trésorerie des familles et permettre l’accès à l’emploi à domicile au plus grand nombre.

La formation professionnelle et le numérique figurent également en bonne place parmi les pistes avancées par la FEPEM pour développer l’emploi à domicile.

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