Les 18-30 ans ont une vision positive du travail

Au-delà des idées reçues, une étude Manpower-Les Echos montre une adaptabilité, une mobilité et une positivité des jeunes sur le travail bien plus importantes que prévu.

Les Millenials, terme désormais consacré dans toutes les études pour les 18-30 ans, n’ont plus les mêmes aspirations ou les mêmes exigences que les générations précédentes. C’est ce qui ressort d’une étude menée en mai 2017 par Viavoice pour Manpower-Les Echos. Ils « mettent en avant de nouvelles priorités : adaptabilité, mobilité, horizontalité et bien-être ». Ainsi, en dépit des difficultés actuelles ou de certaines idées reçues, les jeunes de 18 à 30 ans ont une vision plutôt positive du travail : « pour 55% d’entre eux, le travail représente une source d’épanouissement bien plus qu’une source de contraintes (33%). Ils sont 40% à se montrer optimistes pour leur situation professionnelle contre seulement 25% de pessimistes ». Il est également intéressant de noter que 54% des 18-30 ans ont compris que « le travail n’aura plus rien à voir avec ce que l’on connaît aujourd’hui » d’ici 10 ans.

L’adaptabilité, l’atout phare de la jeune génération

Ainsi, 56% d’entre eux anticipent et privilégient des entreprises « évolutives, se remettant en question souvent » et un métier avec des missions qui évoluent (69%). Cette « adaptabilité » est également un objectif de carrière, à travers une mobilité très largement souhaitée et valorisée : mobilité géographique et professionnelle. 22% d’entre eux souhaiteraient changer plusieurs fois d’entreprise au cours de leur vie, 24% se mettre à leur compte et 12% s’expatrier à l’étranger…

Quatre profils à prendre en compte

Viavoice nuance ces résultats en montrant qu’en réalité il existe quatre groupes de Millenials avec des stratégies différentes.

  • D’abord un groupe qui rassemble les plus fragilisés, plutôt issus de milieux populaires, intégrés au marché du travail mais souvent avec des emplois précaires et à faible niveau de responsabilité. Ils cherchent « un emploi pour longtemps », si possible dans une « entreprise stable ».
  • Ensuite, un groupe de « pragmatiques » dont la priorité n’est pas tant la stabilité qu’un niveau de salaire élevé.
  • Puis, un groupe d’« optimistes exigeants » pour qui les évolutions en cours, comme l’uberisation ou la robotisation, sont de formidables opportunités. Ils attendent beaucoup de leur entreprise et souhaitent donner du sens à leur travail.
  • Enfin, un dernier groupe, dit des « optimistes flexibles », qui valorisent fortement le changement, souhaitent intégrer une « entreprise évolutive », mais privilégient l’évolution de carrière et sont moins regardants sur ce que leur propose leur employeur en terme de bien-être et d’épanouissement au travail.

Ces attentes de la jeunesse vis-à-vis du travail, expliquent Sarah Pinard et Aurélien Preud’homme, les deux responsables de l’étude, dessinent ainsi un « nouveau monde (…) où l’enjeu ne sera plus la prise de conscience ou l’acceptation du changement, entre digitalisation, robotisation, uberisation ou mondialisation ».