Les besoins de main-d’œuvre en nette augmentation

En 2017, les intentions d’embauche sont à la hausse. Et dans des proportions jamais vues depuis 15 ans. C’est ce que montre l’enquête annuelle de Pôle emploi sur les besoins en main-d’œuvre.

2017 s’annonce sous les meilleurs auspices. Les intentions de recrutement sont en hausse avec près de 2 millions de projets d’embauche. En atteste la dernière livraison de l’enquête de Pôle emploi sur les besoins en main-d’œuvre (Enquête BMO 2017) réalisée en collaboration avec le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc).

Les TPE en tête

Selon cette étude, « 22,4% des établissements nationaux envisagent au moins un recrutement » en 2017 (+1,9 point par rapport à 2016), soit 512 600 recruteurs potentiels. « Une proportion qui atteint le niveau le plus élevé observé depuis 2010 », avancent les auteurs de l’enquête. Et parmi eux, les plus enclins à recruter cette année sont les très petites entreprises (TPE de 1 à 4 salariés), avec une progression de 14% de leurs intentions d’embauche.

Dans le trio de tête, la construction, le commerce et l’industrie voient leurs intentions d’embauche progresser respectivement de 22,5%, 10,2% et 8,7% tandis que le secteur des services aux particuliers conserve sa place de choix, avec 40% des projets de recrutement en France (+5,7% en 2017). Enfin, « les métiers agricoles affichent des volumes prévisionnels d’embauches toujours élevés (viticulteur-arboriculteur, agriculteur-ouvrier agricole) avec pour chacun une très forte saisonnalité ».

Cette volonté d’embaucher en 2017 risque de se heurter à l’insuffisance des compétences disponibles sur le marché du travail. Selon les auteurs de l’étude : « les difficultés de recrutement perçues par les employeurs repartent à la hausse en 2017 après plusieurs années de baisse suivie d’une stabilisation en 2016 ». Ainsi, 37,5% des projets de recrutement sont jugés difficiles par les employeurs contre 32,4% l’an passé.

L’industrie en quête de main-d’œuvre

Les besoins de recrutement vont fortement progresser dans l’industrie. Le secteur, en stagnation depuis 2015, prévoit notamment de recruter 132 218 ouvriers, un métier où les projets de recrutement jugés difficiles sont pourtant en nette progression de 46% (+8 points). Sur le marché des ingénieurs et cadres d’études, la tension sera également très forte avec 62,8% de  projets estimés difficiles à satisfaire.

Interrogés sur les principales difficultés envisagées, les employeurs potentiellement recruteurs ont pointé en particulier le profil inadéquat des candidats (81%) ou la pénurie de candidats (80 %). Dans tous les cas, la formation et le recours à Pôle emploi restent les solutions les plus envisagées pour répondre cet état de fait.