L’intérim mène de moins en moins au CDI mais propose toujours plus de missions

En 2008, au début de la crise, 22% des intérimaires trouvaient un emploi en CDI dans l’année. Ils ne sont plus que 8% en 2016 et la part de l’intérim «contraint» augmente de 6 points.

Le taux d’accès à l’emploi via l’intérim ne cesse de chuter. Selon la dernière étude de l’Observatoire de l’intérim et du recrutement, seuls 8 % des salariés qui étaient en intérim en mars 2015 avaient trouvé un CDI un an après. En 2011, ils étaient 16% et en 2008, 22%. L’observatoire, qui chaque année travaille sur un échantillon de 1800 intérimaires, montre ainsi que d’un an sur l’autre 51% des intérimaires le sont toujours, 8% sont en CDI, 8% en CDD, 17% sont au chômage indemnisé et 7% sont demandeurs d’emplois non indemnisés.

L’intérim est de moins en moins un choix…

Parmi les 51% toujours intérimaires, ils sont à peu près autant à l’être par choix que par contrainte. Pour l’Observatoire, « la poursuite du parcours en intérim s’inscrit dans des stratégies qui semblent moins bien maîtrisées » car la proportion d’intérimaires qui le sont par choix diminue d’année en année, alors que celle de ceux qui affirment ne pas avoir d’autre choix augmente (6 points de plus en 2016 qu’en 2015).

…mais toujours un moyen d’accéder rapidement à l’emploi

La crise de l’emploi qui a débuté en 2008 ne se résorbe pas et, l’Observatoire le reconnait, les intérimaires y trouvent de moins en moins leur compte. L’intérim en effet, pour une large majorité (52%) des répondants du questionnaire, est pensée comme une solution efficace pour accéder rapidement à l’emploi. 37 % d’entre eux ne trouvaient pas de CDI ou de CDD et se sont donc tournés vers l’intérim (plus des deux tiers des « nouveaux entrants » dans l’intérim étaient sans emploi).

Une image de l’intérim qui reste positive

Pour autant, même si pour les personnes interrogées, le mot « précarité » arrive en tête des citations lorsque l’on parle de l’intérim, l’image de l’intérim reste positive auprès des personnes qui en ont fait l’expérience. En 2016, 82 % d’entre eux déclarent en avoir une bonne opinion (dont 24 % une très bonne opinion) et 75 % se déclarent satisfaits de l’intérêt des missions réalisées. A tel point que si une large majorité des actifs recommande à un proche (famille ou ami) dans une situation de recherche d’emploi d’effectuer des missions d’intérim, les intérimaires restent les principaux «promoteurs» de cette forme d’emploi : 88 % d’entre eux le conseille en tout cas. Cela tient peut-être aussi au fait que, même si l’intérim n’amène pas au CDI, le secteur de l’intérim a poursuivi sa croissance et se porte plutôt bien, il inspire donc confiance aux chercheurs d’emploi, qui anticipent classiquement des créations d'emplois. Tous les métiers progressent et c’est le vingt et unième mois successif de croissance.

AC