Pluriactivité : qui sont les personnes cumulant plusieurs activités ?

Ils cumulent les activités, les employeurs et parfois les professions. Plus par contrainte que par choix le plus souvent. Une étude du ministère du Travail tente de cerner le profil de ces travailleurs.

Qui sont les pluriactifs ?

En 2014, la France comptait 1,4 million de pluriactifs, ou "slasheurs", c'est-à-dire des personnes cumulant au quotidien plusieurs activités, selon une étude publiée fin octobre par la Dares.

Le service des statistiques du ministère du Travail distingue deux catégories de travailleurs pluriactifs : les « pluri-employeurs » et les « pluri-professions ». Ainsi, 450 000 salariés exercent un seul métier pour plusieurs employeurs et 933 000 salariés ont plusieurs professions. La catégorie des pluri-professions comprend 737 000 personnes qui exercent plusieurs professions pour un ou plusieurs employeurs et 196 000 non-salariés. En tout, 5,2 % des salariés exercent plusieurs activités, un taux stable depuis dix ans.

Le temps partiel contraint, 1ère cause de pluriactivité

Selon la Dares, les pluri-employeurs sont « majoritairement des femmes » (80 %) et la plupart exercent, dans le secteur tertiaire (93 %), « des professions peu qualifiées » : 70 % sont des employés ou des ouvriers. Ils « subissent souvent un temps partiel contraint » - 75 % de temps partiels, dont la moitié contraints - et « la pluriactivité leur permet rarement d'atteindre une durée du travail équivalente à un temps complet ». Ce profil regroupe beaucoup d'employées de maison, d'aides à domicile ou d'aides ménagères. Près de 50 % des pluriactifs déclarent être à temps partiel car ils n’ont pas la possibilité de travailler davantage avec leur emploi actuel.

De leur côté, les salariés pluri-professions, moins féminisés (54 % de femmes, 46 % d'hommes), « exercent des professions plus qualifiées, souvent proches de leur profession principale » : la moitié sont des cadres ou professions intermédiaires. Ils exercent plus souvent leur profession principale à temps complet (55 %) dans le tertiaire (85 %).

« Les heures de travail qu'ils consacrent à ces professions supplémentaires s'ajoutent à des durées déjà élevées et à des horaires atypiques », note la Dares.

8 "slasheurs" sur 10 exercent leur activité principale en CDI

Qu'ils soient pluri-employeurs ou pluri-professions, les salariés exercent, dans leur large majorité (82 %), leur activité principale en CDI. Quant aux non-salariés pluriactifs (6,6 % des non-salariés), ils sont, contrairement aux salariés, en majorité des hommes (68 %). La plupart exercent leur activité principale dans le tertiaire (71 %), mais une part non négligeable travaille dans l'agriculture (16 %).

Par ailleurs, certains pluriactifs cumulent les statuts de salarié et de non-salarié. Principaux concernés : les médecins libéraux, les psychologues, les psychanalystes, les enseignants du supérieur, les formateurs et les animateurs.Ces pluriactifs travaillent généralement plus que les mono-actifs à temps partiel mais moins que ceux à temps complet. En effet, ils parviennent au total à des durées habituelles hebdomadaires de 31 heures pour les pluri-professions et de 27 heures pour les pluri-employeurs avec employeur principal, inférieures aux 39 heures des salariés monoactifs à temps complet.

Les pluriactifs qui exercent principalement une activité non salariée déclarent y consacrer habituellement chaque semaine 35,9 heures en moyenne. Les activités non salariées apparaissent comme moins prévisibles et plus souvent soumises à des horaires atypiques que les activités salariées. Ce phénomène est accentué dans le cas de la pluriactivité. Ainsi, 55 % des non-salariés pluriactifs déclarent avoir des horaires variables d’une semaine sur l’autre dans leur activité principale, contre 39 % des non-salariés mono-actifs.

Ces non-salariés pluriactifs exercent, par exemple, comme emploi principal les professions d’agriculteurs, de médecins libéraux, de psychologues ou psychanalystes, de masseurs-kinésithérapeutes, de conseils et experts en études économiques, d’artisans du bâtiment. Ils sont proches des non-salariés mono-actifs, mais appartiennent plus souvent à la catégorie socioprofessionnelle des cadres (25 %). Ils sont également un peu plus diplômés (50 % sont titulaires d’un diplôme supérieur au baccalauréat, contre 41 % des mono-actifs) et un peu plus jeunes.

NS