Quelle insertion pour les jeunes en 2017 ?

Plus de 600 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. Leur insertion dans le monde professionnel dépendra en grande partie de leur niveau de diplôme, mais pas uniquement. État des lieux.

Avec près d'un jeune de moins de 25 ans sur quatre (23,7%) sans emploi en mars 2017, la France se situe « dans la moyenne haute des Etats connaissant un taux de chômage élevé chez les jeunes », selon l’Insee (1). Ces derniers mois, pourtant, les résultats sur le front du chômage donnent quelques raisons d’espérer, voire des perspectives sérieuses pour les moins de 26 ans.

Le diplôme, un sésame

Les jeunes sortants diplômés du supérieur connaissent une insertion plus rapide et plus massive dans l’emploi que les sortants non diplômés. Selon l’INSEE, un à quatre ans après leur sortie de formation initiale, 82% des jeunes sortants diplômés du supérieur sont en emploi contre seulement 31% des non-diplômés, ces derniers étant plus nombreux à être inactifs (37%). La détention d’un diplôme réduit donc le risque de chômage : le taux de chômage s’élève à 51% pour les jeunes non diplômés contre 11 % pour les diplômés du supérieur. Elle augmente également les chances de retrouver un emploi : les jeunes sortant diplômés du supérieur au chômage ont deux fois plus de chances que les non-diplômés d'occuper un emploi sous un an (59% contre 30%). De surcroît, les plus diplômés connaissent un taux de chômage plus faible quelle que soit la conjoncture économique. Ainsi, lors de la crise économique de 2008-2009, le taux de chômage des plus diplômés a augmenté de 5 points, tandis qu'il s'est élevé de 10 points pour les diplômés du secondaire et de 13 points pour les jeunes titulaires au mieux du brevet. Mais si le diplôme est un atout, il ne fait pas tout. Certains secteurs recrutent plus que d'autres. Ce sont les disciplines « professionnalisantes » ou à forte dimension pratique qui enregistrent les taux d’emploi les plus élevés : informatique, pharmacie, commercial, ingénieur, etc. Cependant, les services demeurent le premier secteur d'embauche des débutants avec 65% des jeunes diplômés en emploi, notamment le secteur banque et assurance, et celui de la santé et de l'action sociale, tandis que le secteur industriel le plus porteur est celui de l'automobile et de l'aéronautique.

Le plus de l’accompagnement intensif

Autre bonne nouvelle, même sans le bac, les jeunes peuvent espérer trouver des débouchés dans des secteurs d’activité qui recrutent. Il en va ainsi dans trois domaines d’activité où des cursus accessibles sans le bac peuvent lancer de belles carrières : les métiers d’art, l’hôtellerie-restauration et le secteur de la construction. Avec 70 spécialités en alternance (tailleur de pierre, sellier, cordonnier…), de nombreuses formations en CAP sont proposées dans la filière des métiers d’art notamment, tandis qu’avec 103 534 projets de recrutement, le secteur de la construction est également un gros pourvoyeur d’emplois. Selon la dernière enquête sur les besoins de main-d’œuvre (BMO 2017), certains métiers manqueraient cruellement de recrues.

Par exemple les charpentiers ou encore les couvreurs font partie des 10 métiers les plus difficiles à combler en part de recrutements pour 2017. Accessibles avec un CAP ou bac professionnel, le panel d'emplois proposés par le secteur du BTP offre pourtant de belles perspectives.

Quant aux jeunes sortis du système scolaire, certains dispositifs existant contribuent eux aussi à leur mettre le pied à l’étrier. Ainsi, l’accompagnement intensif à destination des jeunes demandeurs d’emploi (AIJ) mis en place en 2014 par Pôle emploi a d’ores et déjà fait ses preuves avec un taux de retour à l’emploi de 67% au bout de huit mois. 200 000 jeunes en ont déjà bénéficié. Il permet aux bénéficiaires de disposer d’un conseiller dédié à 100%. « L’accompagnement augmente sensiblement les chances d’accès à l’emploi en renforçant la motivation des jeunes et en intensifiant la recherche d’emploi », indique-t-on à Pôle emploi.

 (1) France, Portrait social, Edition 2016, Insee, novembre 2016