Revue de presse du recrutement numérique N°14

Cette semaine, dans la revue de presse du recrutement numérique, on apprend que le marché du recrutement ne s’est en fait pas fait uberiser, que compétition et coopération peuvent faire bon ménage, qu’il faut parfois se méfier du déterminisme du Big Data et que les conseils départementaux aident aussi à trouver un emploi.

Comment le marché du recrutement ne s’est pas fait uberiser

Les opérateurs traditionnels du recrutement, des cabinets de recrutement aux sociétés d’interim n’ont pas été « ubérisés », car ils s’approprient les outils numériques. En quelques toutes petites années, explique Le Monde dans un très long dossier (1), les cabinets de recrutement sont devenus les meilleurs utilisateurs des réseaux numériques et les sociétés d’interim se sont mises sur le réseau. Les premiers prennent « pour 6 000 à 8 000 euros, une licence recruteur, qui leur donne accès à tous les profils sur le site », et de leur côté, « les professionnels du recrutement se remodélisent. Ils lancent leur propre plateforme pour “matcher” les profils ». Le dossier du Monde sur la « non ubérisation » du recrutement comprend également un long article sur la manière dont Pôle emploi en Île-de-France invite les employeurs à venir faire passer leur entretien dans ses agences.

Dans le Journal du net (2),  Jean Hugues Zenoni, fondateur d’une entreprise de portage salarial explique également pourquoi les acteurs historiques du recrutement n’ont pas dit leur dernier mot et comment, comme dans l’e-commerce,  les pure players ont tenu rapidement le haut de l’affiche, avec des croissances phénoménales face à des commerçants traditionnels à la traîne, ne comprenant pas toujours ce qui se jouait. « Et puis, ils se sont adaptés, se sont appuyés sur leurs expertises secteurs, ont pris le meilleur des nouvelles expériences digitales pour aujourd’hui grimper en tête des classements pour plusieurs d’entre eux ».

1 http://www.lemonde.fr/emploi/article/2015/12/08/le-marche-du-recrutement...
2 http://www.journaldunet.com/management/expert/66433/les-acteurs-historiq...

La compétition n’est pas l’ennemie de la coopération…

Jérémy Lamri, président de Monkey Tie, et Boris Sirbey, président de Myjobcompany, expliquent dans Les Echos pourquoi ils ont fondé le Lab RH, une structure qui fait coopérer les start-up de l’innovation RH et de l’emploi. Le Lab RH réunit près de 300 start-up, des innovateurs individuels, des grandes entreprises et des cabinets de conseils et « a été conçu comme un écosystème visant à mettre en relation ces acteurs entre eux, en favorisant une relation de « coopétition » et d’accompagnement des organisations dans leur transformation et leur digitalisation ». Cette association permet de « faire nombre », de mettre en visibilité une grande variété d’offres mais aussi de générer et de proposer des solutions très innovantes, car très diversifiées et en évolution permanente.

https://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/metier-et-ca...

…. et le Big Data ne vous veut pas forcément du bien.

Jerémy Lamri publie dans Forbes une longue tribune expliquant les nouveaux comportements que devraient avoir les RH en utilisant le Big Data. Surtout il les met en garde quant à un trop grand déterminisme induit par les données : « appliqué à la gestion des carrières par exemple, le déterminisme prônerait le fait que le métier futur de chaque personne est déterminé à l’avance. Les causes peuvent être diverses : loi de la moyenne du marché, orientation dès le plus jeune âge, etc. Il s’agit d’un système où vos envies et motivations seraient tellement accessoires qu’elles ne seraient jamais prises en compte ». Le risque ? La moyennisation et les prédictions erronées car « derrière la logique de l’analyse des données, il y a la volonté de prédire l’avenir grâce au passé » et la tentation forte que, après avoir analysé des millions de parcours de carrière, on définisse des tendances de parcours de carrière forcément fausses.

http://www.forbes.fr/management/le-big-data-rh-un-grand-frere-qui-vous-v...

Embauche éthique, locale et numérique

Le conseil départemental du Loir et Cher vient de lancer grâce à la start-up Néolink le site Internet Job41, qui met directement en liaison les allocataires du RSA et les PME du département. Maurice Leroy, le président du conseil départemental explique que « les chefs d'entreprise (qu’il rencontre) disent chercher à embaucher, mais peinent à trouver des demandeurs d'emploi. Or nous connaissons les 10 000 bénéficiaires du RSA, puisque nous le versons. La plate-forme permet de faire le lien entre l'offre et la demande locale. » Embauche éthique et locale. « J'ai écrit aux 10 000 allocataires et, depuis janvier, nous avons déjà 1 000 personnes inscrites » explique Maurice Leroy aux Echos.

https://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-pme/0211818053535-job-41le...