De nouveaux métiers émergent dans l’audiovisuel

Avec l’évolution des technologies de l’information et de la communication et la demande, toujours plus forte, du public pour tous les types de production audiovisuelle, de nouveaux métiers apparaissent. Les formations suivent. 

Avec le développement des technologies de l’image et du son et la place de plus en plus grande prise par l’information et la communication dans tous les compartiments de la vie quotidienne, les métiers de l’audiovisuel offrent de réelles opportunités. De nouvelles fonctions qui impliquent des compétences spécifiques ont émergé, et des professions se structurent.

Du journaliste à l’exploitant de salles de cinéma, en passant par tous les métiers liés à la prise de son ou au montage des images, jusqu’à la gestion des fonds numériques et l’exercice du droit des contenus sur internet, la palette est large. Et les écoles, instituts ou universités sont nombreux à avoir développé des modules qui permettent d’acquérir des compétences sanctionnées par des qualifications reconnues. 

Notamment pour la formation aux métiers du journalisme (36.300 cartes de presse ont été attribuées en 2014), l’Observatoire de l’audiovisuel recense soixante-six formations délivrées par des organismes réputés dans la profession. Mais l’information n’est qu’une des facettes de l’ensemble des activités du secteur de l’audiovisuel, en pleine évolution.

Un secteur dynamique

L’Insee évalue à plus de 211.000 le nombre d’emplois aujourd’hui dans l’édition, l’audiovisuel et la diffusion, dont plus de 43.000 en équivalent temps plein dans la production audiovisuelle proprement dite. La crise n’a pas épargné le secteur, qui a compté jusqu’à 220.000 salariés en 2007, mais la tendance est à la reprise.

Les transformations sont liées au développement du numérique, avec, par exemple, une poussée des débouchés  dans le secteur de la vidéo sur internet alors que tous les métiers liés à l’édition papier sont en retrait. L’audiovisuel français profite par ailleurs du dynamisme de l’industrie cinématographique française, l’une des plus créatives au monde.

Le secteur est porté par les dépenses des ménages qui, malgré les difficultés économiques, se sont maintenues autour de 8 milliards d’euros si l’on ajoute les dépenses de cinéma aux abonnements à des chaînes de télévision et les achats ou locations de vidéos.

L’audiovisuel est une véritable industrie avec un vrai marché, porteur de croissance. Ce qui ménage des occasions pour construire une carrière.

Quarante ans d’expertise

Dans cet univers, l’Institut national de l’audiovisuel (INA) occupe une place particulière compte tenu de son originalité.  Cet Institut a été créé en 1975 pour assurer la protection du patrimoine audiovisuel français. Fort de ses 40 années d’expertise, INA Expert a mis au point différents modules qui, pour s’adresser tout particulièrement aux salariés et aux chômeurs, intègrent l’évolution de la formation professionnelle. La mise en place du compte personnel de formation (CPF) en janvier 2015 - en remplacement du droit individuel à la formation (DIF) qui n’avait pas atteint ses objectifs - est notamment prise en compte.

Vingt-et-un certificats INA de compétences professionnelles sont proposés cette année, répartis en divers modules de formation de 150 heures. Les spécialités concernent les techniques de l’audiovisuel sur IP et les médias informatiques, les traitements documentaires, mais aussi les techniques d’imagerie numérique ou la réalisation radio, la direction de projet multimedia ou la production audiovisuelle au poste d’assistant ou de directeur. A côté du photographe plurimedia, du monteur d’images ou du technicien du son, de nouveaux métiers trouvent leur place comme recherchiste ou web-journaliste.

Ces modules de formation professionnelle d’INA Expert, qualifiante ou diplômante, complètent l’offre de l’institut à destination des étudiants, avec les formations de niveau Bac+2 et Bac+3 dispensées par INA Sup jusqu’aux masters (Bac+5) en production audiovisuelle et en gestion de patrimoines audiovisuels. Des formations en alternance menant aux niveaux BTS et licence sont également dispensées.

Des hommes-orchestres dans les medias

Les formations d’INA Expert ne sont que des exemples sur la palette qui existe aujourd’hui dans l’audiovisuel. Le Celsa rattaché à la Sorbonne forme aussi bien aux métiers de la communication que de l’information. D’autres structures ont choisi des démarches plus ciblées comme les écoles de journalisme spécialisées (ESJ, CDJ, IPJ), de Sciences Po ou des universités de Tours, Rennes, Aix-Marseille, Lyon, Grenoble, Bordeaux, Montpellier, Lannion, Toulouse, Strasbourg…

Dans ces formations, les stagiaires font l’acquisition de techniques différentes pour devenir « journalistes multimedias », aptes à l’exercice de la profession dans des médias distincts et capables de passer du papier à la vidéo.

Cette ouverture à des pratiques multiples est aujourd’hui incontournable pour envisager une carrière, à une période où les médias eux-mêmes deviennent de plus en plus « plurimedias ». et demandent à leurs collaborateurs de pouvoir intervenir dans les domaines du son, de l’image et de l’écrit. Dans ce monde de l’audiovisuel où les candidats sont nombreux, la capacité de proposer un large registre de compétences est maintenant perçue comme une valeur ajoutée indispensable que les formations ont prise en compte.

Gilles Bridier