Jean Bassères : « Améliorer la coopération avec les associations »

Lutter contre le chômage en rapprochant l’action institutionnelle de l’action citoyenne et en améliorant leur efficacité commune, c'est le nouveau défi qu'entend relever Pôle emploi.

Ils étaient près de 200, le 3 mai dernier dans les locaux de l'Assemblée nationale, réunis à l'initiative du Pacte civique (www.pacte-civique.org), un collectif d’associations engagées dans la lutte contre le chômage et venu débattre avec Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi dans le cadre de la « Fête du travail, Faites des emplois ». « Une première », selon Claude Gorges, directrice des partenariats à Pôle emploi qui entend bien « faire fructifier ce moment d'échange exceptionnel ». Il pourrait d'ailleurs bien être la première étape d'un projet de coopération plus ambitieux entre Pôle emploi et le monde associatif, avec trois objectifs à la clé : améliorer les bonnes pratiques de coopération entre Pôle emploi et les associations, co-produire et co-construire avec les usagers, expérimenter et innover.

Déterminé à montrer la « transformation de Pôle emploi », Jean Bassères a exprimé sa volonté de
« dépasser la contradiction entre une démarche assez standardisée de Pôle emploi et celle plus personnalisée du secteur associatif ». Il veut néanmoins « faire connaître les résultats » de Pôle emploi et « montrer que ça va dans le bon sens » : agrégation sur un site unique de 600 000 offres d'emploi, délai de traitement des dossiers plus court, lancement de l'Emploi Store qui permet l'accès à près de 200 services en ligne et obtient un taux de satisfaction des usagers de plus de 80 %, etc. « L’organisation de Pôle emploi ne peut pas être vécue comme un frein au développement des pratiques innovantes », a souligné
Jean Bassères. Différenciation des publics, dématérialisation des démarches, décentralisation des décisions, toutes ces orientations doivent permettre, selon lui, d' « améliorer l'accompagnement des demandeurs d'emploi et des créateurs d'entreprise ».

« C'est la qualité du dialogue entre Pôle emploi et les associations au niveau local qui permet de trouver des solutions », estime Nicolas Gros, accompagnateur Solidarité Nouvelle face au Chômage (SNC). C’est ainsi le cas pour la possibilité de report de rendez-vous par les demandeurs d’emploi sans conséquence sur leur situation, l’évolution du dispositif des droits rechargeables ou encore la refonte de courriers adressés aux demandeurs d’emploi afin de les rendre plus accessibles. A l'instar des comités de liaison, créés en 1998 et relancés en 2010 grâce aux organisations de chômeurs et avec le soutien de Pôle emploi, la co-production et la co-construction d'un service public de l'emploi devient possible « lorsque l'écoute et le respect mutuels sont au rendez-vous », précise Chantal Gautier, présidente du Mouvement national des chômeurs et des précaires (MNCP).

Et si l’innovation vient du terrain, elle a besoin du soutien institutionnel pour se développer. Pour Patrick Valentin, responsable des réseaux emploi-formation d’ATD-Quart Monde, « Pôle emploi est un partenaire incontournable » pour déployer le projet « Territoires zéro chômeur de longue durée » que l'association va expérimenter dans plusieurs sites. Il en est de même de la formation des publics précaires au numérique portée par Emmaüs-Connect. Son directeur général, Jean Deydier, souhaite notamment « partager l'expérience de développement d'applications avec Pôle emploi pour développer de nouveaux services aux usagers ». Sa cible : les cinq millions de personnes cumulant précarité sociale et numérique.

Jean-Baptiste de Foucault en est convaincu, « c'est la société toute entière qui a besoin de se mobiliser sur la question du chômage ». Le coordonnateur du Pacte civique veut « communiquer sur tout ce que fait Pôle emploi » et compte sur la « multiplication des initiatives de terrain pour faire bouger les choses entre les associations et Pôle emploi ».

Nadia Salem

Restons Connectés

Qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous ?