Recrutement : jamais sans ma e-réputation

Dans le domaine du recrutement, la place d’Internet et des réseaux sociaux ne cesse de croître. Une évolution qu'il est conseillé de prendre en compte dès à présent pour soigner sa "e-réputation". 

La tendance se confirme. Les recruteurs ont pris le réflexe Internet et utilisent la Toile comme un canal supplémentaire pour trouver le salarié rêvé. Selon l'étude annuelle de l'Apec, près de trois employeurs sur dix utilisent les réseaux sociaux pour ce "sourcing".

Si l'offre d'emploi traditionnelle reste le premier moyen utilisé par les entreprises pour recruter, les réseaux sociaux enregistrent, d'après cette étude, la plus forte progression en 2014, avec 28% des recruteurs qui les mobilisent contre 22% en 2013.

Réflexe des grandes entreprises

D'après la dernière étude de l'Insee sur le sujet, les entreprises de plus de 250 salariés demeurent les premières à avoir pris le réflexe, à hauteur de 24% contre 9% pour celles de 20 à 249 salariés et de 5% parmi les plus petites entités.

Sans surprise, parmi ces grands groupes, les secteurs de l'information et de la communication, des activités scientifiques et techniques, ainsi que celui de l'hébergement et de la restauration, utilisent le plus cette pratique.

Les sociétés spécialisées dans le recrutement le reconnaissent. Avant les réseaux sociaux, elles réalisaient un travail de chercheurs de têtes. Désormais, elles privilégient leurs recherches sur LinkedIn et Viadeo, d'après Sacha Kalusevic, Directeur Senior chez Page Personnel.

Une réputation en ligne capitale

Face à ce phénomène, les candidats ont tout intérêt à bien gérer leur e-réputation ou réputation en ligne. « Elle est devenue capitale à notre époque, car le recruteur va juger la personne selon ce qu'elle trouve sur elle sur le web » assure Anthony Babkine, spécialiste de la communication digitale chez TBWA Corporate.

Le recruteur entend notamment s'assurer en ligne que le candidat est digne de confiance, qu'il est en phrase avec les valeurs de l'entreprise ou encore qu'il n'affiche pas de posture maladroite, voire gênante, sur des photos ou des propos malvenus (racistes, sexistes...).

Les experts conseillent vivement d'être présent sur les réseaux sociaux professionnels, comme LinkedIn ou Viadeo. « Ces sites donnent vie à une candidature, valorisent le profil de manière vivante et créative, avec un peu d'audace » affirme Anthony Babkine.

Ils sont surtout ceux sur lesquels les recruteurs recherchent l'employé rêvé et réalisent leur sourcing. Une tendance « incontournable pour tous les postes qualifiés » assure Sacha Kalusevic.

Une veille quotidienne

S’il est important de créer un compte, il est nécessaire surtout de l'entretenir. « Il faut figurer sur Viadeo et Linkedin et y posséder des profils adéquats et complets, en remplissant un maximum d'informations sur soi, en expliquant ce qu'on a fait par le passé et en choisissant méthodiquement les mots clés pour que les recruteurs vous trouvent plus facilement par la suite » précise Sacha Kalusevic.

En plus de taper son nom dans un moteur de recherche pour analyser les résultats, il est conseillé de bien réfléchir à l'image que le candidat entend vouloir diffuser sur la Toile et à travers quels réseaux sociaux.

Entretenir sa e-réputation prend donc du temps. Les experts recommandent une présence journalière. « L'idéal est d'avoir un profil mis à jour régulièrement, et d'y effectuer une veille quotidienne, voire plus longue (une demi-heure) en cas de recherche active d'emploi » selon le spécialiste de Page Personnel.

Pour Anthony Babkine, ce temps passé sur ces réseaux n'est pas perdu. Au contraire. « En ayant ignoré ces canaux, le candidat risque de mettre beaucoup plus de temps à récupérer la main lorsqu'il sera dans une recherche très active » affirme-t-il.

Un canal supplémentaire

Si en 2015, le CV traditionnel reste l'élément traditionnel pour une prise de contact en vue d'un entretien, les réseaux sociaux gagnent du terrain. Des candidats ayant postulé via les réseaux sociaux professionnels ont obtenu un entretien dans 33% et dans 7% des cas, cet échange a débouché sur un recrutement, selon une étude de Page Personnel réalisée sur les cadres.

« Les réseaux sociaux représentent un canal supplémentaire pour trouver un emploi, mais ne seront pas le principal, affirme Sacha Kalusevic. Il est utile pour accélérer la prise de contact ».

Mais certains analystes du secteur, comme Jacques Froissant et même Anthony Babkine, vont plus loin. D'après eux, le numérique sera à terme discriminatoire pour ceux qui ne le gèrent pas. Une prise de conscience des enjeux de ce secteur est donc nécessaire, car, à leurs yeux, le CV traditionnel est bientôt mort. 

Pour l'heure, selon l'Insee, ce mode de recherche reste rarement mobilisé seul : la plupart des personnes qui l’ont utilisé ont également fait appel à des connaissances (70 % d’entre elles) ou à des organismes (64 %) comme Pôle emploi ou l’Association pour l’emploi des cadres (APEC), ou ont candidaté directement auprès d’un employeur (53 %).

Barbara Leblanc

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