La révolution culturelle des Français sur la mobilité

De plus en plus mobiles professionnellement, de plus en plus créateurs d’entreprise, les Français changent. Surtout les moins de 30 ans comme deux sondages le montrent nettement.

Les temps changent, les comportements aussi. Deux sondages viennent successivement de donner une idée complètement nouvelle de l’attitude des français sur la mobilité professionnelle et sur la création d’entreprise. Dans le premier, un Sofres pour l’Express (1), 58% des Français se disent prêts à changer de secteur ou de métier dans les années qui viennent, que 51% sont prêts à changer de région et que 40% sont même prêts à changer de pays ! Bien évidemment le pourcentage est encore plus fort chez les 15-29 ans que dans le reste de la population : 63% dans le premier cas, 64% dans le second cas et 52% enfin prêts à s’expatrier.  Un moins de trente sur deux prêt à partir à l’étranger, c’est un chiffre fort.

Les conditions à ces changements ? D’abord que le nouveau métier qu’on leur propose soit intéressant pour 41% d’entre eux et qu’il ne soit pas moins bien payé que celui qu’ils ont (39%). Si l’on rajoute à ces questions, des interrogations sur la création d’entreprise, on s’aperçoit que les Français ont bien changé : 37% se disent prêts à créer leur entreprise. Bien évidemment la aussi la proportion est plus importante que les actifs inoccupés que dans le reste de la population (43%) mais elle est encore plus forte chez les jeunes qui sont 54% prêts à créer leur entreprise.  

Ces résultats sont à rapprocher d’une deuxième enquête effectuée pour BNP Paribas (2) ou plus de 3200 jeunes ont répondu. Des jeunes de la génération dite Z, soit les nouveaux entrants sur le marché du travail nés après 1995.  Résultat massue : ils n’ont qu’une envie extrêmement modérée de travailler en entreprise, mais ils ont une forte envie de bouger. Cette enquête tendrait à conforter l’hypothèse que si les Français ont de plus en plus envie de monter leur entreprise, c’est, entre autre, pour être indépendant et ne pas souffrir dans des structures qu’ils ont de plus en plus de mal à supporter. Un moins de 20 ans sur 5 attiré par l’entreprise, c’est peu. Mais on comprend mieux ce résultat lorsque l’on voit le changement de mentalité de cette génération : elle est plus « mondialisée » que les précédentes (68.5% d’entre eux se voient travailler à l’étranger) et surtout elle a un rapport très nouveau à la connaissance, à la formation. Ainsi, à la question, « quelles seront les sources d’apprentissage dans 10 ans ? », seuls 7,5 % répondent les études. Pour eux avoir un bon diplôme n’est plus perçu comme un gage de réussite et seuls 24 % le pensent alors qu’ils sont 47% à estimer que le réseau est primordial. Ils sont en fait de plus en plus dans une logique d’auto-apprentissage, où l’école et la faculté ne semblent pas plus importantes qu’un Mooc et un documentaire télé.

Et pour cette génération “do it yourself”, le rapport à l’entreprise est un peu de même nature. D’où cette vraie nouveauté : 47 % aimeraient créer leur entreprise. Une génération d’entrepreneurs ? Ou une génération qui n’aime pas l’entreprise telle qu’elle est ? Ce n’est pas simple à savoir. Mais l’entreprise telle qu’elle est, à priori ne les enthousiasme pas : elle est très souvent jugée «dure», «compliquée», «difficile», «impitoyable», «fermée » et fonctionne par «piston »

Du coup  53 % préféreraient être leur propre patron à être salarié. Ce n’est pas une rupture mais c’est une amplification de ce que donnait à voir les enquêtes sur la génération précédente, la génération y : refus du stress, volonté de changer plusieurs de métiers et de pays, ne pas sacrifier sa vie personnelle à la vie professionnelle

 

Antoine Clause

1 Travail et mobilité. Enquête Sofres pour l’Express. Janvier 2015

http://www.tns-sofres.com/etudes-et-points-de-vue/travail-et-mobilite-professionelle-2015

2 La grande invaZion.  Enquête BNP Paribas et The Boson project

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