Les emplois verts ont le vent en poupe

Loi de transition énergétique, COP 21… La France a enfin pris le train de la croissance verte. Avec des emplois à la clé.

« La croissance verte est rentable. Elle est non seulement rentable mais elle est à mes yeux créatrice d’emplois », déclarait Gérard Mestrallet, PDG d’Engie au micro d’Europe 1 à l’issue de la Cop 21. Les « professions vertes » (éco-activités) et celles dites « verdissantes » (activités périphériques) comptaient 4 millions d’emplois en 2012. Elles représenteraient un gisement de 100 000 à 800 000 emplois potentiels, selon les estimations. En 2016, un 1er bilan du ministère de l’Écologie et du Développement durable, établissait à 20 000 le nombre d'emplois « verts » créés ou sauvegardés depuis 2014 et la loi de Transition énergétique. Ainsi, l'économie verte fait émerger des nouvelles professions et nécessite l'acquisition de nouvelles compétences pour exercer les métiers traditionnels de manière plus écologique. Pour Mireille Campana, haut fonctionnaire chargé du développement durable au ministère des Finances : « ce qui marche bien actuellement, ce sont les métiers de l’industrie verte, ceux de la production d’énergies renouvelables, de l’économie circulaire et des transports ».

L’industrie, 1er pourvoyeur d’emplois verts

Selon une étude Adzuna publiée en 2016, le domaine d’activité qui représente le plus grand vivier d’offres d’emploi vert en France est le marché de l’eau. 21,4% des offres d’emploi liées à la protection de l’environnement concernent le traitement des eaux usées. Viennent ensuite les métiers liés à la prévention des risques environnementaux (15% des offres d’emploi). Puis les emplois liés à la performance énergétique des bâtiments et l'éco-construction (13,4%), ceux liés à la production et la distribution des énergies renouvelables (13,4%), au traitement des déchets (13,2%), à la protection et l'entretien des espaces verts (12,4%). Selon Jens Bicking, fondateur et gérant d’Elatos, cabinet de recrutement spécialisé dans l’environnement : « la performance énergétique était un domaine qui n’existait pas il y a quelques années et qui a pris une dimension très importante. L’objectif : mettre en place, en entreprise et dans les collectivités, des solutions qui s’inscrivent dans une logique d’autoconsommation ou d’énergie renouvelable. C’est un vrai vecteur de croissance ».

L’Île-de- France, fer de lance de l’économie verte

D'après l'étude d'Adzuna, près d’un quart des métiers verts se situent en Île-de-France. 23,6% des offres d’emploi vert sont en effet à pourvoir en région parisienne, avec cependant de fortes disparités selon les catégories de métiers. Ainsi, l’Île-de-France regroupe par exemple 34,7% des offres d’emploi françaises liées à la dépollution des sites et sols pollués ; mais seulement 13,2% des offres d’emploi nationales dans la protection et l’entretien des espaces naturels. 

En Île-de-France, les perspectives de développement de l’économie verte et des emplois associés sont encourageantes, reconnaît-on à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Île-de-France. À moyen terme (5 à 10 ans), la dynamique de transformation est portée, à la fois, par les normes environnementales et les importants investissements publics consentis dans le cadre de projets tels que celui du Grand Paris ou du schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie (SRCAE). Au total, à l’horizon 2020, ce sont entre 95 000 et 153 000 emplois supplémentaires qui pourraient être créés pour couvrir les besoins du Grand Paris et du SRCAE. Le secteur de la construction est le domaine d’activité qui devrait le plus bénéficier de ces investissements. Mais la grande majorité de ces emplois sont de durée limitée et directement liés au calendrier d’investissement public dans la construction ou la rénovation des infrastructures. « L’ampleur de la création d’emplois dépendra ensuite, à moyen et long terme, de la compétitivité des filières industrielles de l’économie verte et du positionnement de la région dans la chaîne de valeur de ces filières », indique-t-on à l’IAU.

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