« Les robots ne seront pas les fossoyeurs de l’emploi industriel »

Pour La Fabrique de l’Industrie, si les humains vont certainement diminuer dans les usines,  leurs compétences évoluent sous l’influence des robots et leurs compétences devront être de plus transversales.  Place à la « cobotique ».

Les robots sont dans toutes les têtes et les réflexions. La Fabrique de l’Industrie en est une défenderesse. L’industrie a besoin de repos et ces robots ne tuent pas l’emploi. Le think tank de Louis Gallois vient de publier une synthèse de tout ce qu’il s’est dit et écrit sur le sujet. Elle recense bien sûr les peurs et prédictions alarmistes, mais aussi et surtout les travaux positifs comme celui, en 2013, de l’International Federation of Robotics  qui «  défend l’idée qu’entre 2017 et 2020, 450000 à 800 000 nouveaux emplois devraient directement être créés au niveau mondial grâce à la robotique » et qu’en  « y ajoutant les emplois indirects, ce sont jusqu’à deux millions d’emplois qui pourraient apparaître en grande partie dans l’industrie agroalimentaire, les énergies renouvelables, l’automobile ou encore l’électronique ».

Le think tank reprend ensuite les thèses de Jeremy Rifkin sur la fin du travail et de la croissance désormais sans emplois pour mieux les démonter en reprenant l’argumentaire de l’Information Technology & Innovation Foundation qui critique sévèrement ce qu’elle appelle le « sophisme de la masse de travail fixe » de Rifkin « selon lequel la hausse de la productivité serait nécessairement source de chômage car la quantité de travail à réaliser serait limitée ». La science économique réfute cela car l’un des effets des gains de productivité est de faire baisser les prix des produits, de libérer du pouvoir d’achat qui se dirigera vers d’autres types de consommations, les besoins étant (pratiquement) infinis. Ensuite, l’ITIF précise qu’aucun lien n’a pour l’instant pu être établi entre gains de productivité et chômage. En clair, « bien que les changements technologiques s’accélèrent, le rythme de destructions et créations d’emplois n’a pas augmenté aux Etats-Unis ces dernières années, signe que le phénomène de destruction créatrice ne s’est pas emballé. Il est encore impossible de connaître les nouveaux secteurs et métiers qui vont émerger mais c’était aussi le cas pendant l’ère industrielle ».

Cette synthèse est parfaitement argumentée (même si empreinte d’un léger parti pris) et la polémique cède la place à une discussion solide. Les robots ne seront pas les fossoyeurs de l’emploi industriel, selon le think tank qui par ailleurs ne nie absolument pas  « qu’à périmètre constant, le nombre de salariés directement dédiés à la production ira en diminuant. Cela ne signifie pas pour autant que les hommes disparaîtront des usines mais leur place sera très probablement amenée à évoluer … les opérateurs ne seront plus assignés aux tâches d’exécution mais interviendront en support sur des tâches de contrôle, de maintenance, etc. A titre d’exemple on peut imaginer qu’ils ne seront plus affectés toute la journée au pilotage d’une machine, celle-ci devenant toujours plus autonome… en plus de ses compétences techniques, le salarié devra ainsi développer des compétences plus transversales, plus spécifiques à l’utilisation du digital, etc. La cobotique est un autre exemple des synergies qui peuvent être développées entre la machine et de l’homme. Le « robot collaboratif » ne vise pas à remplacer l’homme, mais à l’assister dans des tâches pénibles ou répétitives, en démultipliant par exemple ses capacités physiques ou en améliorant la précision de ses gestes. » Globalement, la conséquence la plus forte d’une plus grande diffusion des robots et des automatismes dans l’industrie pourrait être celle d’une modification du contenu du travail.

Une autre synthèse des livres récents sur la question vient d’être faite par Le Monde qui va un peu dans le même sens mais qui s’attaque surtout à la spécificité du travail humain avec la « robolution ». Mais le plus net sur la question est l’économiste Robin Rivaton qui, dans une tribune pour Les Echos explique longuement pourquoi « automatisation ne signifie pas forcément substitution » dans les processus de travail. Enfin, le point de vue de Yann LeCun, spécialiste de l’intelligence artificielle, nouveau titulaire de la chaire informatique au Collège de France.

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