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Innovation

Les deux pieds dans le numérique

Les Français ont une image très positive du travail et surtout ils sont très majoritairement confiants sur l’impact positif que vont avoir les nouvelles technologies sur leur emploi.

Les Français ont globalement une vision plutôt positive du travail. C’est ce que révèle un sondage IPSOS pour la journée du livre de l’économie et Le Monde. A 91% ils ont une vision positive du travail, 33% ayant même une vision « très positive ». Certes ils restent toujours très critiques sur les conditions de travail, s’avouent souvent stressés (64%) et encore plus souvent fatigués (83%), mais 89% se déclarent intéressés par leur travail et 80% se disent même « épanouis ». De manière assez étonnante ces appréciations traversent tous les courants politiques et les notions d’exploitation ou de contrainte sont assez peu associées à l’idée même de travail. En revanche l’endroit où ils désirent travailler varie assez nettement en fonction de l’âge, les moins de 25 ans mettant en premier les grandes entreprises et les plus de 55 ans l’indépendance.

Très intéressantes également les opinions des Français sur la révolution numérique et le travail. 68% d’entre eux estiment que l’entreprise où ils travaillent est adaptée au développement d’Internet et des réseaux sociaux, 61% à l’explosion quantitative des données numériques, 60% à la robotisation et l’automatisation des outils de production et 57% à la mondialisation de l’économie. Un plébiscite. D’autant plus que les Français ne semblent nullement inquiets du numérique. Pour 73% d’entre eux, le bouleversement provoqué par l’essor des techniques numériques, de l’informatique et d’Internet constitue est plutôt une opportunité  pour l’économie française et 76% estiment que c’est même une opportunité pour leur emploi. Globalement les Français ont les deux pieds dans le numérique, l’informatique et internet étant pour 75% d’entre eux des moyens de leur faciliter la vie.

Dans le même temps, mais cette fois pour le Prix du livre Relations humaines qui a été décerné au Dictionnaire des risques psychosociaux (Le Seuil), les psychologues notent des comportements assez différents des jeunes sur ces questions : « ils n’ont pas de vision très claire du travail. Mais la transformation digitale ne les intéresse pas trop, car, pour eux ce n’est pas une transformation » explique Odile Marion. « Pour cette génération le numérique n’est pas un sujet c’est l’air qu’ils respirent ». Mais les trentenaires semblent quand même peu plus réticents que les autres explique le DG d’Astrees un think tank consacré à la transformation du travail qui vient de réaliser une enquête sur les moins de 30 ans : « ils ont intégré la mobilité comme la norme dans un marché du travail difficile. Pour eux il n’y a pas de débat CDD/CDI car à 26 ans ils ont déjà eu trois emplois. Le CDD, l’interim font intégralement partie de leur univers culturel. Mais ils rejettent sévèrement l’emploi jetable, explique Claude Emmanuel Triomphe d’Astrees ». Leur attachement au travail est très importants mais pour un travail qui ait du sens et dans une bonne ambiance. « Sans ces deux conditions, ils sont prêts à quitter leur travail du jour au lendemain ».

Antoine Clause

Mis à jour le 27 juin 2022 • Publié le 27 juin 2022

Mis à jour le 31 mars 2022 • Publié le 31 mars 2022