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Toutes les formations vertes ne se valent pas

Toutes les formations environnementales ne donnent pas les mêmes chances d’insertion. Et selon le CGEDD ce sont souvent les moins prisées qui permettent l’insertion la plus stable.

En matière environnementale, dans les métiers verts, ce ne sont pas les diplômes et les formations les plus courus qui assurent la meilleure insertion dans le monde du travail. C’est l’une des conclusions de l’enquête menée par le Commissariat général au développement durable sur l’insertion professionnelle des jeunes ayant suivi une formation initiale en environnement. Les trois chercheurs se sont appuyés sur les résultats de l’enquête « Génération 2010 », et ont cherché à savoir ce qui était advenus en 2013. En 2010 ils étaient 22 541 soit 3,4 % de l’ensemble des jeunes diplômés arrivant sur le marché. Majoritairement ce sont des diplômés en aménagement du territoire (35 %) ou en protection de la nature (24 %). Les formations liées à l’énergie arrivent en troisième position (20 % des sortants), les autres formations étant les moins suivies : la prévention des pollutions (10 %), de l’hygiène, sécurité, santé, environnement (7 %) ou de la gestion sociétale de l’environnement (3 %).

Pourtant ce sont parmi ces dernières que les trajectoires professionnelles s’avèrent les plus faciles. « Avoir préparé un diplôme en prévention des pollutions présente la probabilité la plus élevée de connaître une trajectoire d’accès durable à l’emploi », explique le CGEDD. Dans l’une des formations les moins fréquentées, ils sont 71 % à accéder durablement à l’emploi. De plus ils attendent moins longtemps que les autres avant de trouver leur premier emploi, et restent moins longtemps au chômage. Idem avec les diplômes dans le domaine de l’énergie : on y a de fortes chances d’être en situation d’emploi après trois ans de vie active, d’occuper un emploi à durée indéterminée mais aussi de gagner plus de 1 400 euros par mois. 80 % des jeunes formés dans le domaine de l’énergie travaillent en 2013, c’est-à-dire 8 points de plus que la moyenne nationale.

Pour aller plus loin sur Pole-emploi.fr : Les formations aux métiers de l’économie verte

Bien sûr, comme dans la plupart des autres métiers, l’insertion est d’autant plus aisée que le niveau de diplôme est élevé. Au niveau BEP/CAP c’est difficile, seulement 45 % accèdent durablement à l’emploi (13 points de moins que la moyenne nationale) et 23 % connaissent un chômage durable ou récurrent avec une durée moyenne du chômage de 13 mois (soit 6 mois de plus que la moyenne). En 2013, trois ans après leurs diplômes, 41 % sont au chômage (soit 23 points de plus). Mais, c’est d’ailleurs particulier aux formations environnementales, dès que l’on l’atteint un niveau Bac + 3, une licence professionnelle par exemple, ou Bac + 2 (BTS/DUT), on a beaucoup moins de risques connaître des situations de chômage durable que les niveaux supérieurs. La probabilité d’être en emploi après trois ans de vie active avec un niveau Bac + 3 est plus forte dans les professions environnementales qu’ailleurs : « en 2013, ils sont 81 % à travailler contre 73 % parmi les Bac + 3 et 79 % parmi les Bac + 4 et plus. Les jeunes ayant préparé un diplôme de type licence professionnelle en environnement ont, quant à eux, plus de chance de connaître une trajectoire d’accès durable à l’emploi et d’occuper un emploi à durée indéterminée qu’un jeune ayant préparé un master » selon le CGEDD.

Pour le reste, si le niveau BAC + 3, semble le plus adéquat, le CGEDD note également que les apprentis qui ont choisi une formation dans l’environnement ont 60 % de chances en plus de connaître une trajectoire d’accès durable à l’emploi que ceux qui ont suivi la voie « classique ». Ils trouvent leur premier emploi en moins de trois mois en moyenne (contre 4,5 mois) et sont également moins exposés au risque de chômage durable ou récurrent. Plus des trois quarts travaillent trois ans après leur sortie du système éducatif, c’est 7 points de plus que pour les non-apprentis ; parmi eux, 65 % occupent un emploi à durée indéterminée (soit 9 points de plus). L’apprentissage influe également positivement sur le niveau de salaire.

Mais si dans certaines formations l’insertion est, semble-t-il globalement assurée, de manière générale les formations environnementales semblent pour l’instant moins performantes que les autres : « 25 % de chances en moins d’accéder durablement à l’emploi par rapport à un jeune ayant étudié dans un autre domaine », même si 58 % des jeunes issus d’une formation environnementale en 2010 accèdent durablement à l’emploi contre 60 % pour les autres.

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Mis à jour le 27 juin 2022 • Publié le 27 juin 2022

Mis à jour le 31 mars 2022 • Publié le 31 mars 2022